L'intersyndicale de General Electric à Belfort repousse l'ultimatum lancé au gouvernement

L'intersyndicale de General Electric accorde un délai supplémentaire au gouvernement, pour qu'il réponde à ses demandes.

Mobilisation des salariés de General Electric, devant le site de Belfort, le 3 juin 2019.
Mobilisation des salariés de General Electric, devant le site de Belfort, le 3 juin 2019. (PATRICK HERTZOG / AFP)

Il y a trois semaines, l'intersyndicale de General Electric à Belfort a "mis en demeure", par courrier, le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, de faire évoluer d'ici le 15 août le plan de restructuration qui prévoit la suppression d'un millier d'emplois sur les sites de Belfort et Bourogne. Devant l'absence de réponse, l'intersyndicale lui a repoussé mercredi 15 août cet ultimatum, rapporte France Bleu Belfort Montbéliard. "Le gouvernement est en congés, la rentrée aura lieu le jeudi 22 août, donc, dans notre démarche constructive et de gens raisonnables, nous repoussons l'ultimatum au jeudi 29 août, soit une semaine après la rentrée gouvernementale", indique Nicolas Mercier, délégué CFE-CGC chez General Electric.

Passée cette date, l'intersyndicale annonce qu'elle attaquera l'État au tribunal administratif. Cette procédure en assignation viserait à faire reconnaître "le préjudice lié au non-respect de l'accord de novembre 2014", avait précisé fin juillet Philippe Petitcolin (CFE-CGC). General Electric s'engageait, dans cet accord, à développer la filière de turbines à gaz sur son site de Belfort qu'il venait d'acquérir avec la branche énergie d'Alstom. Le groupe américain promettait surtout de générer un millier d'emplois "hautement qualifiés" en France d'ici à la fin 2018. Ces emplois n'ont finalement jamais été créés.

De nouvelles actions prévues à la rentrée

"Le gouvernement a, entre ses mains, les éléments pertinents et suffisants pour obliger General Electric à respecter ses obligations contractuelles et légales, devant la justice française. Aujourd'hui, l'État ne réagit pas, c'est incompréhensible et c'est un scandale", se révolte Nicolas Mercier.

De nouvelles actions sont d'ores et déjà prévues à la rentrée. Il y aura de nouvelles révélations "dans la presse", promet l'intersyndicale. Une journée de mobilisation sera organisée le 18 septembre à Belfort, à l'appel de la CGT pour dénoncer le plan social. Le vendredi 30 août, le collectif "Pour l'avenir du territoire", qui regroupe entre autres l'intersyndicale et les collectivités locales et régionales, tiendra également une grande réunion de travail à Belfort afin de "réfléchir à l'avenir industriel et énergétique" et "mettre en avant les compétences sur le territoire" du nord de la Franche-Comté.