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Transaction à l'amiable d'Axa pour les pertes liées au Covid-19 : "une main tendue" encore insuffisante, selon la restauratrice Afrae Brasseur

La restauratrice parisienne est à l’initiative de l'action collective lancée contre Axa. Elle a gagné en première instance contre l'assureur qui a fait appel. Il ne s'agit pas d'un "malentendu", insiste-t-elle.

Article rédigé par France Info
Radio France
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Afrae Brasseur, une restauratrice parisienne à l’initiative de l'action collective lancée contre Axa, le 23 septembre 2020 dans une vidéo diffusée sur YouTube.
 (CAPTURE D'ÉCRAN YOUTUBE)

"Quand j'ai entendu les annonces de ce matin, j'étais surprise parce cela fait bientôt 18 mois que nous sommes en procédure", a réagi jeudi 10 juin sur franceinfo Afrae Brasseur. La restauratrice parisienne est à l’initiative de l'action collective lancée contre Axa. Elle réagissait à la décision de l'assureur de verser 300 millions d'euros à 15 000 restaurateurs pour les indemniser d'une partie de leurs pertes d'exploitation liées à la crise sanitaire du Covid-19. "Mais c'est une décision qui va dans le bon sens, c’est-à-dire le sens de l'apaisement", a-t-elle poursuivi.

"Il faut mettre cette enveloppe de 300 millions d'euros en perspective, parce que c'est un gros chiffre, mais divisé par 15 000 restaurateurs cela fait une moyenne de 20 000 euros par restaurateur."

Afrae Brasseur, restauratrice

à franceinfo

Axa indique que son offre équivaut à compenser en moyenne 50 % du manque à gagner des restaurateurs mais Afrae Brasseur rappelle que le manque à gagner de son restaurant du 11e arrondissement de Paris est de l'ordre de "presque 100 000 euros" sur les trois mois du premier confinement.

"Nous n'y sommes pas encore"

Elle espère que la décision d'Axa "donnera suite à une proposition raisonnable de la part d'Axa". "Je prends cela comme une main tendue", déclare la restauratrice, mais une main tendue qu'elle n'est pas disposée à saisir "dans les conditions qui sont proposées". Le montant annoncé lui semble insuffisant. "Nous n'y sommes pas encore, a-t-elle estimé. Près de 80% des décisions des tribunaux de commerce en France ont penché en faveur des restaurateurs, ce qui pour moi est le plus important, mais je suis contente qu'Axa veuille enfin se mettre autour de la table pour négocier avec nous."

Afrae Brasseur a gagné en première instance contre Axa ce qui représente pour elle un "énorme soulagement". "À l'époque, Axa m'a juste proposé un soutien psychologique et un geste commercial de 419 euros, donc le passif est lourd", a déploré Afrae Brasseur qui assure n'avoir pas monté ce collectif "pour partir en guerre contre son assureur mais pour sauver [son] établissement". Elle dénonce le terme de "malentendu" employé par le directeur général d'Axa. "Ce n'était pas un malentendu, au début on nous a opposé une fin de non-recevoir alors quand on a gagné en première instance, on s'est dit 'on n'est pas fous', on était bien couverts par notre contrat et on a eu raison de se battre". Son combat se poursuit en justice puisqu'Axa a fait appel.

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