Remise en liberté du docteur Péchier : les victimes et leurs proches expriment leur colère

Vendredi 17 mai, l'anesthésiste de Besançon (Doubs), Frédéric Péchier, est ressorti libre du tribunal. Il venait d'être mis en examen pour un total de 24 empoisonnements présumés sur des personnes vulnérables, dont neuf mortels. Les victimes jugent cette décision incompréhensible.

FRANCE 3

Ils ont organisé une conférence de presse pour faire savoir leur colère et leur soif de vérité. Face aux caméras, des victimes présumées du docteur Frédéric Péchier et leurs proches ont pris la parole. La remise en liberté de l'anesthésiste de Besançon, bien qu'assorti d'un contrôle judiciaire et malgré sa mise en examen pour 17 nouveaux cas d'empoisonnement présumés, les a plongés dans l'incompréhension. Sandra Simard, porte-parole des victimes présumées explique : "Nous sommes profondément choqués de cette décision, compte tenu des charges qui pèsent aujourd'hui, contre [le docteur Péchier]. Il est inconcevable pour nous qu'il reste libre" . Les victimes présumées et leurs proches assurent aujourd'hui vivre avec des séquelles.

"Le maintien en liberté du docteur péchier, c'est dire 'il ne s'est rien passé'"

Une autre famille a préféré laisser son avocat s'exprimer et lui a demandé de montrer la photo de leur enfant hospitalisé. Teddy, 7 ans aujourd'hui, a fait deux arrêts cardiaques en 2016, suite à une opération des amygdales, dans la clinique où exerçait Frédéric Péchier. "Pour eux, le maintien en liberté du docteur Péchier, c'est dire 'il ne s'est rien passé'", explique Me Jean-Michel Vernier, avocat des parties civiles. Soulagé, Frédéric Péchier a enlacé sa fille après l'annonce jeudi 16 mai de sa remise en liberté. Une victoire pour ses avocats alors que le procureur de la République de Besançon (Doubs) réclamait son placement en détention provisoire.

L\'anesthésiste Frédéric Péchier, le 29 mars 2017, à la sortie du tribunal de Besançon (Doubs).
L'anesthésiste Frédéric Péchier, le 29 mars 2017, à la sortie du tribunal de Besançon (Doubs). (SEBASTIEN BOZON / AFP)