L’homophobie, de la pratique à la condamnation

Si aujourd’hui de plus en plus de pays autorisent le mariage gay, l’homosexualité a longtemps été condamnée de la peine de mort, et l'est toujours dans plusieurs États. 

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Aujourd’hui, ils sont encore onze pays à condamner l’homosexualité de la peine de mort, quand d’autres au contraire, autorisent le mariage pour les couples de même sexe. Définit comme « le rejet de l’homosexualité », l’homophobie ne date pas d’hier. Déjà en 390, l’empereur byzantin Théodose Ier créait la peine de mort par le feu pour les sodomites. De la condamnation légale à la discrimination de rue, retour sur plusieurs siècles d'histoire. 

 « L’homosexualité plus dangereuse pour la société que la prostitution »

En Europe, une des périodes les plus difficiles pour les homosexuels a été l’Allemagne nazie. Adolf Hitler souhaitait purifier la « race aryenne » de ce qu’elle considérait être un « vice ». Entre 1933 et 1945, environ 100 000 hommes sont arrêtés par la Gestapo, et entre 5 000 et 10 000 d’entre eux sont contraints de porter un triangle rose et déportés dans des camps de concentration.

Aux États-Unis, les homosexuels subissent une pression de plus en plus forte au début des années 1960. Lors d’un JT de CBS News de 1960, le présentateur donne les résultats d’un sondage sur la façon dont le grand public perçoit l’homosexualité : « Nous avons découvert que les Américains considèrent l’homosexualité plus dangereuse pour la société que l’adultère, l’avortement ou la prostitution. » Le 28 juin 1969, la police de New York fait une descente dans le bar le Stonewall Inn, célèbre pour sa popularité auprès de la communauté gay. Les forces de l’ordre arrêtent et frappent violemment les clients. C’est l’élément déclencheur d’une vague d’émeutes qui durera plusieurs jours. Cet évènement est considéré comme un moment symbolique marquant le commencement du militantisme LGBT aux États-Unis.

Évolution des discours

Progressivement les mentalités évoluent, et les lois avec. L’Europe est d’ailleurs pionnière en la matière. En France, les derniers homosexuels condamnés à mort sont Bruno Lenoir et Jean Diot. Ils sont morts brûlés à Paris en 1750. En avril 2013, en plein débat sur le mariage gay qui divise alors le pays, Wilfred de Bruijn et son compagnon Olivier sont agressés et tabassés dans une rue à Paris. Deux de ses agresseurs seront condamnés à trente mois de prison ferme. 

En 2016, aux États-Unis, un homme ayant prêté allégeance au groupe État Islamique entre dans le club gay Le Pulse d’Orlando. L’attentat a fait 49 victimes. Le chef de l’État américain, Barack Obama avait qualifié ce jour de « déchirant pour nos amis et compatriotes américains qui sont lesbiennes, gay, bisexuels ou transgenres.»cleardot.gif

Mais il existe toujours un fossé géant entre les pays qui se dirigent vers une égalité progressive, et ceux qui refusent de respecter les droits de l’Homme. Parmi les pays où les homosexuels sont toujours persécutés, la Tchétchénie se livre à une véritable « purge » depuis depuis fin mars.

L’homophobie, de la pratique à la condamnation
L’homophobie, de la pratique à la condamnation (BRUT)