Agressions de surveillants dans les prisons : "La cote d'alerte est dépassée", estime Valérie Pécresse

Alors que le mouvement des surveillants de prison est reconduit mardi après l'agression de plusieurs d'entre eux à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), Valérie Pécresse dénonce sur franceinfo la surpopulation carcérale.

Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France.
Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France. (JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT / RADIO FRANCE)

Les trois syndicats pénitentiaires (Ufap-Unsa Justice, FO-Pénitentiaire et CGT-pénitentiaire) ont reconduit leur mouvement mardi 16 janvier, après l'agression jeudi dernier de plusieurs surveillants à la prison de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) par un détenu radicalisé. "Il faut avoir la lucidité de dire que la cote d’alerte est dépassée dans nos prisons", réagit sur franceinfo Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France. "Dans ma région, on n'est pas loin d’un taux d’occupation de 200% des prisons. Nos prisons sont aujourd'hui un véritable chaudron. L'indignité de l'accueil des prisonniers nourrit la violence. Je sais que les agents de l'administration carcérale sont soumis à une pression qui est insupportable", lâche-t-elle.

Pour "un plan d’urgence de centres de détention" 

La solution de Nicole Belloubet, qui se rend mardi 16 janvier à la prison de Vendin-le-Vieil, "consiste à aménager le maximum de peines et à faire en sorte qu’il y ait le moins de peines de prisons qui soient prononcées", estime Valérie Pécresse. "Dans les autres pays qui nous entourent, il y a beaucoup plus de places de prison qui sont ouvertes par rapport à la population", souligne-t-elleAu-delà de la construction de prisons, "le sujet aujourd’hui, c’est de faire un plan d’urgence de centres de détention qui ne seront pas des prisons comme on les entend aujourd'hui, mais des centres de détention pour des délinquants qui sont condamnés pour la première fois à des peines de prison ferme."  

100 000 peines non exécutées

Valérie Pécresse dénonce par ailleurs la non-exécution des peines. "Il y a aujourd'hui en France 100 000 peines qui ne sont pas exécutées", déplore-t-elle, estimant que "la détention a quand même des vertus pédagogiques". Réagissant à l'agression des surveillants de la maison d'arrêt de Vendin-le-Vieil par un détenu radicalisé, la présidente LR de la région Île-de-France estime que "la radicalisation est un problème spécifique à la prison et amplifié par la surpopulation et aussi par les humiliations que cette surpopulation entraîne".

Valérie Pécresse insiste sur le manque de moyens des centres pénitenciers. "On a une administration pénitentiaire qui est au bord du burn-out. Le gouvernement doit l'entendre."