Pas-de-Calais : ce que l'on sait sur l'agression de trois gardiens de prison par un terroriste islamiste

En fin de peine, Christian Ganczarski, condamné pour l'attentat de Djerba, a blessé trois surveillants de la prison de Vendin-le-Vieil pour différer son extradition aux Etats-Unis. 

Le terroriste allemand Christian Ganczarski est jugé pour l\'attentat de Djerba (Tunisie), le 5 janvier 2009, devant la cour d\'assises spéciale de Paris.
Le terroriste allemand Christian Ganczarski est jugé pour l'attentat de Djerba (Tunisie), le 5 janvier 2009, devant la cour d'assises spéciale de Paris. (BENOIT PEYRUCQ / AFP)

Il est considéré comme le cerveau de l'attentat de Djerba perpétré en 2002. Christian Ganczarski, détenu à la prison de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), sortait de sa cellule quand il a agressé trois surveillants jeudi 11 janvier, les blessant au cou, au bras et au cuir chevelu. La section antiterroriste du parquet de Paris a ouvert une enquête pour tentatives d'assassinats sur personnes dépositaires de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste. Franceinfo résume ce que l'on sait de cette agression.

Un détenu condamné pour terrorisme

Christian Ganczarski, 51 ans, est considéré comme le cerveau de l'attentat commis dans une synagogue de Djerba (Tunisie), en 2002. La présence de deux Français parmi les 21 morts avait justifié l'ouverture d'une procédure en France. Il a été condamné en 2009 à 18 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises spéciale de Paris, pour complicité.

Originaire de Pologne et issu d'une famille catholique pratiquante, Christian Ganczarski s'installe en Allemagne avant de se convertir à l'islam et de partir avec sa femme en Arabie saoudite, rapporte le journal polonais Dziennik, traduit en français par Courrier international. Il aurait ensuite effectué plusieurs séjours au Pakistan, en Bosnie et en Afghanistan dans les années 1990. 

Egalement ancien responsable de la maintenance et du cryptage des réseaux de communication d'Al-Qaïda, Christian Ganczarski a vécu aux côtés de Ben Laden en Afghanistan. Il aurait été son secrétaire particulier, lui fournissant même ses médicaments pour son diabète, rapporte RTL.

Il a agressé les surveillants à l'ouverture de sa cellule

Les faits se sont produits vers 16 heures, à l'ouverture de la cellule de Christian Ganczarski. Il s'en est pris aux surveillants "à l'aide d'un ciseau à bout rond et d'une lame de rasoir", a indiqué Alain Jégo, directeur interrégional des services pénitentiaires, qui précise que ces objets à bouts ronds sont autorisés en cellule mais peuvent être rendus plus tranchants. Le délégué local du syndicat Ufap évoque, lui, "une paire de ciseaux et un couteau de cantine trafiqué".

"Il est sorti comme un fou en criant 'Allahou akbar'", précise cette même source. Quatre agents ont tenté de le maîtriser et trois ont été blessés, au cou, au bras et au cuir chevelu. En fin de journée, tous étaient sortis de l'hôpital.

Il craignait son extradition vers les Etats-Unis

Christian Ganczarski était en fin de peine, mais il s'était fait notifier une demande d'extradition vers les Etats-Unis, pour son possible rôle dans les attentats du 11-Septembre. "C’est lui qui a recruté le Libanais qui pilotait un des avions qui se sont écrasés contre le World Trade Center à New York", explique Dziennik. Selon le représentant de FO dans la prison, "il a vrillé quand il a appris ça". "Il y avait une volonté d'agresser pour différer ou mettre en difficulté" sa possible extradition, confirme Alain Jégo.

"On savait qu'il passerait à l'acte, des écoutes le laissaient transparaître. Il a été mis à l'isolement vendredi soir (...) et bizarrement le lundi, la direction a levé ces mesures", déplore à l'AFP Grégory Strzempek, délégué syndical Ufap-Unsa Justice. "Parce qu’il s’est tenu à carreau, les mesures d’isolement ont été réduites lundi par le chef d’établissement", confirme Jean-François Forget, secrétaire général de l’Ufap-Unsa-Justice.