"Soupçons avérés" de racisme dans la police : Christophe Castaner "a fait preuve de remords ou de regrets par rapport à ces propos qu'il n'avait pas mesurés", selon Unité SGP-FO

Christophe Castaner a bafoué "au passage la présomption d'innocence", selon Grégory Joron, secrétaire général délégué d'Unité SGP-FO, invité sur franceinfo jeudi 11 juin.

Christophe Castaner, le ministre de l\'Intérieur, le 8 juin 2020 à Paris.
Christophe Castaner, le ministre de l'Intérieur, le 8 juin 2020 à Paris. (ISA HARSIN / AFP)

Christophe Castaner "a fait preuve de remords ou de regrets par rapport à ces propos qu'il n'avait pas mesurés", a affirmé jeudi 11 juin sur franceinfo Grégory Joron, secrétaire général délégué d'Unité SGP-FO, après que le ministre de l'Intérieur a demandé lundi "à ce qu'une suspension soit systématiquement envisagée pour chaque soupçon avéré d'actes ou de propos racistes" par des policiers. Les syndicats de policiers étaient reçus jeudi par Christophe Castaner après plusieurs manifestations contre les violences policières et les accusations de racisme dans la police.

Le ministre de l'Intérieur "a l'oxymore un peu maladroit, c'est le moins qu'on puisse dire, de soupçons avérés en parlant de racisme et surtout de sanction immédiate", précise Grégory Joron. Il ajoute que le ministre a bafoué "au passage la présomption d'innocence". Le policier "est un citoyen" qui est "jugé dans la presse sur l'autel public et livré à la vindicte populaire. Donc, ça aussi, ça résonne dans la tête de mes collègues", juge le syndicaliste.

Les policiers "n'accordent plus leur confiance" à Christophe Castaner

Les représentants d'Unité SGP-FO ont dit à Christophe Castaner "face à face et droit dans les yeux que les policiers ne lui accordent plus leur confiance et que quelque chose s'était brisé avec de tels propos". Mais le syndicat ne "demande pas la démission" du ministre de l'Intérieur, car c'est "un jeu essentiellement politique".

Le syndicat Unité SGP-FO a formulé trois demandes auprès du ministre. "Maintenir ce contrôle de tête qui est outil important dans la boîte à outils" des policiers, "il faut revenir sur la suppression de cette technique". Il souhaite que l'utilisation du pistolet à impulsion électrique (PIE ou Taser) soit "expérimentée" dans "quelques départements tests" et d'attendre d'avoir "un vrai retour pour savoir si cela fonctionne avant d'élargir le dispositif".

Grégory Joron et son syndicat ont enfin exprimé au ministre la nécessité de "réaffirmer très fort, au travers un discours institutionnel, la présomption d'innocence et les droits à la défense du policier, que ce soit en matière pénale ou en matière administrative".

Aujourd'hui on leur dit qu'ils sont racistes, qu'ils sont violents. Ils prennent ça pour une agression et sont blessés dans leur amour propre.Grégory Joron, du syndicat Unité SGP-FOsur franceinfo

En déposant jeudi leurs menottes à terre devant les commissariats en signe de protestation, les policiers ont souhaité dire aux Français : "aidez-nous à pouvoir vous protéger correctement", ajoute Grégory Joron. Il rappelle que ses collègues "ont enchaîné, depuis les attentats, que des temps forts. Ils ont été engagés comme jamais.