Retrait d’Afghanistan : l'armée américaine admet un "échec stratégique"

Les chefs du Pentagone ont évoqué mardi des erreurs de jugement de la part de toute la chaîne de commandement, jusqu’au président lui-même, menant à la débâcle américaine en Afghanistan.

Article rédigé par
Loïg Loury - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Des hauts gradés américains ont témoigné mardi 28 septembre devant le congrès américain. (PATRICK SEMANSKY - POOL VIA CNP / CONSOLIDATED NEWS PHOTOS / MAXPPP)

Moins d’un mois après le départ définitif des troupes américaines d’Afghanistan au terme de vingt ans de guerre, des hauts gradés, ainsi que le ministre de la Défense, ont répondu mardi 28 septembre aux questions d’une commission du Sénat, à Washington. C’est "un échec stratégique", ont-ils répondu aux sénateurs qui les interrogeaient. Certains ont également remis en cause la parole du président américain.  

Le 19 août dernier, à peine quatre jours après la prise de Kaboul par les talibans, Joe Biden assurait que personne au Pentagone ne lui avait conseillé de maintenir des troupes en Afghanistan. Une version démentie mardi pour la toute première fois par deux hauts gradés, dont le général Kenneth McKenzie, chef du commandement central assurant qu’[il] avait "recommandé le maintien de 2 500 hommes."

Joe Biden contredit par ses hauts gradés

"Et plus tôt, à l’automne 2020, j’avais aussi recommandé le maintien de 4 500 hommes, a-t-il poursuivi. C’était mon point de vue, et je pensais aussi que le retrait de ces troupes conduiraient à coup sûr à l’effondrement de l’armée afghane".   

Pour autant, les militaires n’accablent pas l’administration actuelle. Ils incluent dans cet "échec stratégique" global, l’armée afghane dont le niveau de décrépitude avait été sous-évalué selon Lloyd Austin, le ministre de la Défense : "Le fait que l’armée afghane - que nous et nos partenaires avions entrainé - s’effondre sans même se défendre nous a pris par surprise, dire l’inverse serait malhonnête".  

Devant la commission du Sénat américain, le chef d'état-major, le général Mark Milley, a reconnu que la principale conséquence de tout cela, c’est le risque d’une reconstitution d’Al Qaïda ou du groupe Etat Islamique, "une possibilité très réelle", a-t-il admis.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Armée et sécurité

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.