"Gilets jaunes" : les forces de l’ordre sous tension

À la veille d’une nouvelle journée classée à risque, les forces de l’ordre sont sur le qui-vive. L’invité du Soir 3, Frédéric Lagache, membre du syndicat Alliance Police nationale, analyse les risques et stratégies.

Les "gilets jaunes" continuent la mobilisation et les risques de heurts sont nombreux, notamment à Paris. Les forces de police sont dès lors en première ligne. Frédéric Lagache, du syndicat Alliance Police nationale, explique l’intérêt de mettre en place davantage de forces mobiles. "Nos collègues ont été débordés non pas par le manque de professionnalisme, mais parce que nous étions en sous-effectif (…) nous avons demandé au gouvernement de mettre l’armée pour essayer de dégager nos forces qui étaient en garde statique afin de les mettre sur le terrain, parce que nous n’avions pas assez CRS en manœuvre pour aller au contact de ces individus", précise Frédéric Lagache.
Est-ce un problème de stratégie ? "Le seul problème qu’il y avait, c’est que nous étions en sous-effectif. Pour pouvoir les interpeller, encore faut-il que nous soyons nous-mêmes en sécurité", martèle-t-il.

Aller au contact

À quoi faut-il s’attendre alors samedi 8 décembre ? La dramatisation est-elle une bonne attitude ? "C’est la vérité. D’après nos remontées de terrain, les nouvelles ne sont pas bonnes. Les messages sont de plus en plus durs, jusqu’à craindre le pire."
89 000 policiers mobilisés dont 8 000 à Paris, quel est l’état d’esprit ? "On ne peut pas parler de peur, mais d’appréhension pour certains de nos collègues (…) l('un m’a d’ailleurs dit ‘je veux bien y retourner, mais pas dans les mêmes conditions‘. Ce collègue pensait qu’il fallait un changement de stratégie et aller au contact pour pouvoir les interpeller", indique Frédéric Lagache.

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Les forces de l\'ordre face à un manifestant du mouvement des \"gilets jaunes\", le 19 novembre dans le nord de la France (illustration).
Les forces de l'ordre face à un manifestant du mouvement des "gilets jaunes", le 19 novembre dans le nord de la France (illustration). (FRANCOIS LO PRESTI / AFP)