Enfants soldats dans le Sahel : "Ces groupes terroristes utilisent aussi bien des filles que des garçons, qui sont parfois à peine âgés de 7 ans", alerte une ONG

Selon l'organisation "Vision du monde", qui oeuvre à la réinsertion de ces très jeunes combattants, 300 000 enfants sont actuellement encore enrôlés dans des conflits armés à travers le monde.

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Un jeune Yéménite recruté par les combattants Huthi à Sanaa, la capitale. (MOHAMMED HUWAIS / AFP)

Alors que le commandant de la force Barkhane déplore le fait que la branche sahélienne du groupe État islamique ait recours à des "enfants soldats, endoctrinés et entraînés", Raphaële Vauconsant de l'ONG "Vision du monde", qui aide à la réinsertion des enfants soldats, explique, jeudi 9 juillet sur franceinfo, que "ces groupes terroristes utilisent des enfants en très bas âge, aussi bien des filles que des garçons, qui sont parfois à peine âgés de 7 ans".

franceinfo : Combien d'enfants sont enrôlés dans des milices armées ?

Raphaële Vauconsant : Aujourd'hui, près de 300 à 360 millions d'enfants vivent dans des zones où des conflits armés ont lieu. Cela veut dire qu'aujourd'hui, dans le monde, un enfant sur six vit dans un pays en guerre, c'est un chiffre qui est assez effrayant et qui a augmenté de 74 % en dix ans. Et évidemment, dans ces pays en guerre, il y a beaucoup plus de risque d'enrôlement d'enfants soldats. 300 000 enfants sont encore enrôlés dans des conflits armés à travers le monde aujourd'hui.

Y a-t-il une augmentation du nombre d'enfants soldats dans le Sahel ?

Dans la branche sahélienne, et notamment au Mali, le groupe État islamique a recours à des enfants soldats qui se retrouvent aujourd'hui confrontés aux opérations militaires françaises contre les jihadistes. C'est un phénomène qui est d'actualité dans beaucoup de zones du monde, mais encore plus en ce moment au Sahel. Ces groupes terroristes utilisent des enfants en très bas âge, aussi bien des filles que des garçons, qui sont parfois à peine âgés de 7 ans, qui sont utilisés principalement comme combattants.

Ils s'en servent aussi comme petite main, comme espion, comme soigneur, comme messagers et aussi, malheureusement, comme esclave sexuel.

Raphaële Vauconsant, ONG "Vision du monde"

à franceinfo

Ce sont vraiment des forces vives utilisées à de multiples tâches par ces groupes armés. C'est une guerre dramatique qui viole bon nombre des droits de l'enfant, le droit à la vie, à la santé, le droit d'être protégé.

Comment réinsérez-vous ces enfants ?

Ces enfants sont souvent récupérés parce qu'ils ont réussi à fuir. Un groupe actif ne laisse jamais partir leurs enfants soldats, donc très régulièrement, des enfants réussissent à s'échapper des groupes armés et c'est comme ça qu'on peut les récupérer et qu'on les fait rentrer dans des centres de réhabilitation où on peut leur apporter une aide d'orientation psychosociale, une formation professionnelle, une éducation, ou même sur la santé parce qu'ils sont vraiment fortement traumatisés, souvent atteints du VIH. On est face à des situations dramatiques avec des enfants très affectés, autant du point de vue de leur santé que de leur psychologie.

Les chocs sont tels qu'il est difficile d'envisager un avenir serein pour ces enfants soldats.

Raphaële Vauconsant

à franceinfo

On essaie de répondre à la fois aux besoins immédiats des enfants, mais également sur le long terme, par l'intermédiaire de ces centres de réhabilitation, pour vraiment leur permettre de penser et d'imaginer un avenir meilleur, une vraie insertion et un suivi de leur développement potentiel via des formations éducatives, etc. pour faire en sorte que les traumas soient dépassés et qu'ils puissent envisager quand même une vie meilleure, après ces traumatismes subis au cours des années qu'ils ont vécues au sein de ces milices armées.

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