Reportage COP15 biodiversité : "L'arbre est un couteau suisse", défend un agriculteur "replanteur" dans les Hauts-de-France

Article rédigé par
Boris Hallier - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
L'agroforestier Arnaud Deltour et l'agriculteur Jacques Gravier plantent des haies à Bruay-la-Buissière (Hauts-de-France). (BORIS HALLIER / RADIO FRANCE)

Alors que plus d'un million d'espèces sont menacées dans le monde, la COP15 à Montréal tente de parvenir à un accord pour protéger la biodiversité. Pour les agriculteurs français, reconstituer des haies est une des solutions.

Depuis son salon, loin de la COP15 de Montréal dédiée à la biodiversité, du 7 au 19 décembre, où la communauté internationale a rendez-vous pour s'accorder sur des solutions, Jacques Gravier, lui, a une vue privilégiée sur les pâturages où ses vaches laitières viennent brouter en plein été. "Dès que les températures s'élèvent, elles cherchent l'ombre", souffle l'agriculteur de Bruay-la-Buissière, dans les Hauts-de-France. Mais, cette ombre, elles ont parfois du mal à la trouver : "Une bête qui a vraiment très chaud peut réduire de manière conséquente sa production. Quand il fait vraiment très très chaud, on les rentre dans des bâtiments qui sont destinés à les accueillir l'hiver, se désole Jacques. On consomme de la paille qui est censée être utilisée l'hiver et on se retrouve avec des stocks qui peuvent être insuffisants..."

>> L'article à lire pour comprendre la crise de la biodiversité, qui menace l'avenir de nos sociétés

La solution pour apporter un peu de fraîcheur à ses bêtes ? Planter des arbres. L'agriculteur a reconstitué des haies grâce à l'expertise d'Arnaud Deltour, conseiller en agroforesterie et biodiversité à la Chambre d'agriculture : "Ce sont des arbres qui ont vocation à monter à 1,5 mètre, 2 mètres pour certains. Puis il y aussi des noyers qui, eux, vont monter à 10 ou 12 mètres." 

177 kilomètres plantés

En tout, près de 250 arbres et arbustes sont en train d'être plantés sur l'équivalent de dix terrains de football. De quoi créer un refuge pour les vaches en cas de fortes chaleurs. "L'arbre est un couteau suisse pour les agriculteurs. En fonction de certaines problématiques, on peut l'utiliser comme outil pour réduire le problème, explique Arnaud Deltour. Par exemple, planter des haies va abriter des insectes qui vont venir aider l'agriculteur à lutter contre des pucerons ou des limaces qui viennent dégrader les cultures. Et, par la même occasion, on utilise moins de produits phytosanitaires." 

"Il y a encore quelques dizaines d'années, on donnait des subventions pour arracher. Aujourd'hui, on donne des subventions pour replanter."

Arnaud Deltour, conseiller à la Chambre d'agriculture

à franceinfo

Lutte contre l'érosion, préservation des ressources en eau... Les avantages de l'agroforesterie sont nombreux, comme tentent de le faire comprendre depuis plusieurs années les scientifiques. Réunis à Montréal du 7 au 19 décembre, les négociateurs de la COP15 cherchent un accord historique pour protéger la biodiversité. "Depuis deux ou trois ans, il y a une grosse accélération du nombre de plantations, illustre le conseiller à la Chambre d'agriculture. Les agriculteurs s'aperçoivent qu'il y a un certain nombre de problèmes qui sont la conséquence des arrachages faits par les générations passées." Dans les Hauts-de-France, 177 kilomètres de haies ont été replantés en 2022 par près de 200 agriculteurs. 

Dans les Hauts-de-France, la nécessité de replanter pour mieux cultiver – reportage de Boris Hallier
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