"Pour se défendre, ils iront jusqu’à prendre les armes" : l'arrivée de deux ours en Béarn est attendue de pied ferme par les opposants

La colère des anti-ours monte alors qu'approche le calendrier de la réintroduction de deux ourses slovènes en Béarn, que les opposants pressentent pour samedi. 

Un ours en Roumanie le 4 mai 2016 (illustration)
Un ours en Roumanie le 4 mai 2016 (illustration) (JOANNE HEDGER / GETTY IMAGES)

Deux ourses slovènes vont être lâchées en Béarn, "d’ici début d’octobre", avait confirmé le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, le 20 septembre dernier. Bien qu'aucune date ne soit formellement fixée, les associations d’éleveurs, opposées à cette réintroduction, pensent que cette réintroduction va se faire le 29 septembre. Elles préviennent que le secteur est surveillé. Et certains éleveurs seraient armés.

Un guet organisé dans trois vallées 

Les Béarnais de la Fédération transpyrénéenne des éleveurs de montagne (FTEM) ne veulent pas de deux ours supplémentaires sur leur territoire. Ils se sont donc mobilisés pour arpenter les routes et leur réseau de bergers scrute les trois vallées où les deux ourses, prélevées en Slovénie, peuvent être lâchées. Certains guetteurs sont armés, pas tous. Et s'ils le sont, c'est officiellement pour chasser autre chose que l’ours. Toutefois, le président de l'Association pour le développement durable de l'identité des Pyrénées, Olivier Maurin, prévient une fois de plus que la profession est à bout. "Les éleveurs sont livrés à eux-mêmes et aujourd’hui, ils ont le choix. Soit ils se défendent et ils peuvent continuer à espérer vivre de leur métier, soit ils abandonnent tout, déclare cet éleveur qui fait partie des guetteurs. Je pense que les gens vont se défendre. Ils iront jusqu’à prendre les armes pour pouvoir se défendre."

Les ours "attaquent en plein jour"

De l’autre côté des Pyrénées, le combat contre l’ours est plus ancien. C'est aussi le territoire où ils sont le plus nombreux. Claude Duran, éleveur à Oust (Ariège), affirme qu'on peut voir "un ours à 20 mètres" de soi. "Ils attaquent en plein jour, dit-il. Il y en a deux de trop." Il explique penser aux jeunes qui produisent du lait, qui fournissent du fromage. "Quel est le but d'avoir mis le bâton dans les roues de l'élevage ?", s'interroge-t-il. Une fois les ours lâchés, les éleveurs opposés à la réintroduction comptent organiser des battues d’effarouchement pour bouter l’ours hors de leurs terres de travail. Réalité, intimidation ou propagande ? En tout cas, les autorités ont entendu la colère exacerbée. Le parquet de Pau a ouvert vendredi une enquête préliminaire, après avoir entendu leur opposition menaçante.