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Pénurie de bœuf français : "On n'est pas loin" d'avoir atteint un point de non-retour, alerte la Fédération nationale bovine

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Article rédigé par franceinfo
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Depuis 2016, la France a perdu près de 10% de ses vaches, selon la Fédération nationale bovine (FNB). Sur franceinfo son président constate que le métier d'éleveur "qui malheureusement ne rémunère pas" n'attire plus les jeunes. "C'est une grosse crise", alerte-t-il.

En sept ans, la France a perdu 837 000 vaches, dont 494 000 bêtes allaitantes. Près de 10% du cheptel français a disparu en six ans, alerte la Fédération nationale bovine (FNB). Cédric Mandin, éleveur de vaches charollaises en Vendée et secrétaire générale de la FNB, estime jeudi 26 janvier sur franceinfo qu' "on n'est pas loin" d'avoir atteint un point de non-retour.

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"On a très peur, c'est une grosse crise", dit-il. Cette "décapitalisation", selon le terme utilisé dans la profession, aboutit à une pénurie de viande bovine française alors que la consommation reste stable. Le métier d'éleveur n'attire plus les jeunes en France, déplore Cédric Mandin : "On n'a plus de renouvellement, on a plus de jeunes qui viennent dans nos métiers. On a un métier qui malheureusement ne rémunère pas et on voit que l'on est en train de perdre des animaux au fur et à mesure."

"On démotive les plus motivés"

L'éleveur vendéen constate que les vaches disparaissent des paysages ruraux. "On le voit partout, dans toutes les communes, une exploitation s'arrête", observe-t-il. Sans perspective d'une rémunération digne, "on démotive les plus motivés d'y aller. On se retrouve dans une situation où les gens préfèrent arrêter la production", explique-t-il. Le secrétaire général de la Fédération nationale bovine appelle à "sécuriser la rémunération des producteurs pour qu'on ait des jeunes qui puissent s'installer".

Cette pénurie de bœuf made in France va de pair avec une hausse des importations de "plus 6% sur l'année 2022", indique Cédric Mandin. "Ça nous fait très peur. On a un super produit en France, on a un produit d'exception. Il faut continuer à mettre en avant la viande française", plaide-t-il.

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