Météo : "Même si certains endroits sont très secs, il n'y a rien d'alarmant pour le moment"

En septembre, le déficit pluviométrique a atteint 70% sur l'ensemble du pays, selon Météo France. Est-ce inquiétant ? On a posé la question à l'hydrogéologue Philippe Vigouroux.

La rivière Doubs asséchée entre Pontarlier et Morteau, le 12 août 2018.
La rivière Doubs asséchée entre Pontarlier et Morteau, le 12 août 2018. (FABRICE COFFRINI / AFP)

Les pluviomètres ont eu tendance à prendre la poussière en septembre. Le déficit pluviométrique a atteint 70% en moyenne sur l’ensemble du pays le mois dernier, détaille Météo France dans un communiqué publié mardi 9 octobre. "Du fait de conditions anticycloniques persistantes", ce déficit a même dépassé 80% sur le Sud-Est, le littoral atlantique, les Pays de la Loire et la Bourgogne. Dans cette région, d'ailleurs, des fissures lézardent certaines façades de maisons à cause du manque d'eau. Une sécheresse inédite qui a des conséquences sur l'agriculture et les particuliers. Franceinfo a posé la question à Philippe Vigouroux, hydrogéologue au Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM).

Franceinfo : Ce déficit d'eau du mois de septembre va-t-il aggraver la situation des sols, déjà asséchés après un été très chaud ? 

Philippe Vigouroux : En effet, les précipitations ont été largement déficitaires sur l'ensemble du pays le mois dernier. Sauf quelques rares exceptions, on a recueilli moins de 50 millimètres sur tout le pays. Par endroits, les cumuls sont même inférieurs à 20 millimètres. Je pense à une partie de la Bretagne, de la Bourgogne, de la Gironde... Et même de 10 millimètres dans le Languedoc par exemple. En clair, la recharge des nappes phréatiques pour la période estivale de 2019 n'a pas encore commencé.

Faut-il s'inquiéter ?

Normalement, cette recharge se fait de septembre à mars. Même si des endroits sont très secs, il n'y rien d'alarmant pour le moment. On est sur des niveaux de nappes phréatiques qui ne sont pas catastrophiques. La situation n'est pas tendue, en tout cas pour l'instant.

A partir de quand faudra-t-il s'inquiéter ?  

L'évolution de cette situation reste liée aux épisodes pluvieux de l'automne. Notre chance, c'est qu'on n'a actuellement pas de sollicitations des agriculteurs. L'année dernière, nous avions connu pareil déficit jusqu'à décembre. Puis, à partir de janvier et jusqu'à avril, les pluies sont de nouveau devenues excédentaires. Je me répète, les mois prochains vont être décisifs. Si en janvier ça n'a pas changé, là on s'inquiétera.

Y a-t-il des zones plus critiques ?

Oui, quelques-unes. La vallée du Rhône est un secteur qu'on surveille de près. La partie nord-est et l'Alsace sont aussi marquées en rouge. Sur tout le territoire, on dispose de 1 700 points qui nous permettent d'avoir les niveaux en temps réels.