Libre-échange : à peine conclu, l'accord UE-Mercosur déjà contesté

L'accord signé vendredi 28 juin entre l'Union Européenne et le Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay) suscite de nombreuses critiques. Les agriculteurs français craignent l’arrivée d’une concurrence déloyale.

France 3

Pourtant historique, l’accord sur le libre-échange signé entre l'Union Européenne et les pays du Mercosur déçoit et inquiète. Cela faisait près de 20 ans que les discussions avaient lieu. Ce traité doit libéraliser un marché gigantesque concernant 780 millions de consommateurs. Désormais, plusieurs produits seront moins taxés à l'importation comme le vin, la viande, les voitures et certains produits chimiques. Plus de 90% des droits de douane sont supprimés.

Les agriculteurs révoltés

L'agriculture française craint d'être immédiatement impactée par cet accord. De nombreux agriculteurs se méfient de l'arrivée massive de viandes moins chères à produire provenant d'Amérique du Sud. L'accord prévoirait jusqu'à 99 000 tonnes de bœufs par an arrivant en Europe. "Cette pression, cette concurrence déloyale par rapport à cette viande qui va arriver en Europe va mettre à bas les marchés que nous connaissons", alerte Philippe Dufour éleveur de bovins. "Je vois difficilement la rentabilité de nos élevages se maintenir", conclut-il.

Même dans son propre camp, Emmanuel Macron se retrouve critiqué. Le député européen Jérémy Decerle estime sur son compte Twitter que "les consommateurs et les agriculteurs méritaient plus de respect." Le président de la République assure, lui, que les conséquences (notamment écologiques) seront évaluées de manière indépendante. Le traité devra ensuite être ratifié par les parlements de chaque pays.

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Au premier plan, le président argentin Mauricio Macri et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker au sommet du G20 à Osaka au Japon, le 29 juin 2019.
Au premier plan, le président argentin Mauricio Macri et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker au sommet du G20 à Osaka au Japon, le 29 juin 2019. (HO / ARGENTINA'S PRESIDENCY PRESS OFF / AFP)