Grippe aviaire : il faut abattre "pour consommation les animaux sains", demande la Confédération paysanne

Le ministre de l'Agriculture a annoncé vendredi que des "centaines de milliers" de canards allaient être abattus en raison de la propagation du virus dans les Landes.

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Radio France
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Un élevage de canards landais (illustration). (GAIZKA IROZ / AFP)

Des "centaines de milliers" de canards vont encore être abattus, "pour aller encore plus vite" pour lutter contre la grippe aviaire, a annoncé le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie vendredi 8 janvier. Il faut que les animaux sains "soient commercialisés pour leur viande après avoir fait des tests", a demandé de son côté Nicolas Girod, porte-parole national de la Confédération paysanne sur franceinfo.

franceinfo : Le risque a-t-il été mésestimé ?

Nicolas Girod : Oui, il y a sûrement eu une mauvaise adaptation à la vitesse de propagation du virus. On a eu l'espoir que ce qui avait été mis en place sur les différents élevages depuis la crise précédente suffirait à endiguer la pandémie, mais on se rend compte qu'avec la densité d'animaux dans les Landes et le Gers, la biosécurité ne suffit pas. Cela se propage comme une traînée de poudre et on est en train de courir derrière.

Faut-il aller jusqu'au vide sanitaire pour les élevages des Landes, comme le demande la FNSEA ?

Non, ce n'est pas l'unique solution et pour le moment elle a montré toute son inefficacité et son inacceptabilité par les paysans et la population. Il nous semble qu'il faut abattre rapidement et efficacement les élevages qui sont foyers, là où le virus circule. Il faut mettre sous surveillance les élevages autour, tenter d'emmener jusqu'à l'abattage et pour consommation les animaux sains et qui sont prêts à être commercialisés. Il ne faut pas qu'ils partent dans d'autres exploitations. Il faut qu'ils soient commercialisés pour leur viande après avoir fait des tests.

Ce virus de la grippe aviaire est-il dangereux pour le consommateur ?

On peut consommer de la viande. Le virus H5N8 n'est pas transmissible à l'homme, donc il n'y a pas de risque de ce côté-là et à consommer des produits issus de volailles saines. Il faut tester les élevages proches, on est en capacité de le faire.

"Il faut essayer d'amener au bout les animaux qui sont prêts à être consommés pour éviter cette gabegie alimentaire et économique si on abat tous ces animaux."

Nicolas Girod, porte-parole national de la Confédération paysanne

à franceinfo

Les indemnisations vont être calculées sur la valeur marchande des canards. Est-ce la bonne solution ?

C'est un minimum. Tout le monde n'a pas le même niveau de commercialisation, donc on ne peut pas indemniser tous les éleveurs de la même manière. Si on veut conserver un tissu important d'éleveurs sur ces zones-là il faut les indemniser correctement, et il faut réinterroger le modèle avicole de ces zones-là, on estime qu'il y a trop d'animaux, une densité beaucoup trop importante. Par contre, on a besoin d'avoir des éleveurs nombreux mais avec un nombre d'animaux moins importants et une relocalisation qui soit mise en place.

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