Le chômage augmente de 0,3% en décembre, pas d'inversion de la courbe en 2013

Avec 10 200 chômeurs de catégorie A en plus, le mois de décembre n'a pas permis au gouvernement de tenir son pari d'inverser la courbe du chômage d'ici à la fin 2013.

François Hollande, au palais de l\'Elysée, à Paris, le 23 janvier 2014.
François Hollande, au palais de l'Elysée, à Paris, le 23 janvier 2014. (ALAIN JOCARD / AFP)

C'était le moment de vérité pour François Hollande. Le chef de l'Etat avait parié sur l'inversion de la courbe du chômage fin 2013, mais les chiffres de Pôle emploi, publiés lundi 27 janvier, lui donnent tort : le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A a augmenté de 0,3% en décembre, avec 10 200 chômeurs supplémentaires. Sur un an, le chômage croît donc de 5,7%. Au total, la France compte 3 303 200 demandeurs d'emploi de catégorie A.

Avec 177 800 inscriptions supplémentaires de chômeurs de catégorie A à Pôle emploi, la hausse de 2013 est moins importante que celle de 2012, mais pire que celle de 2011.

Le nombre de demandeurs d’emploi des catégories B et C, en hausse également, s’établit à 1 594 900. Au total, le nombre de demandeurs d’emploi des catégories A, B et C s’élève à 4 898 100 en France métropolitaine, une hausse de 6% sur un an.

Ces chiffres empêchent donc le chef de l'Etat d'atteindre l'objectif qu'il s'était fixé lors de ses précédents vœux présidentiels, le 31 décembre 2012. Alors que la plupart des prévisions indiquaient le contraire, le président a martelé, pendant une année entière, que l'inversion de la courbe du chômage d'ici à la fin 2013 était possible, comptant notamment sur les emplois aidés.

"Stabiliser ne suffit pas"

L'exécutif avait déjà préparé le terrain avant cette annonce négative, en mettant en avant la "stabilisation" des chiffres du chômage, misant désormais sur 2014 et le "pacte de responsabilité". Depuis la Turquie, quelques heures avant la publication des chiffres de Pôle Emploi, François Hollande a ainsi évoqué les chiffres du chômage : "Stabiliser, c'est ce que nous avons fait, ne suffit pas".

La veille déjà, le ministre du Travail Michel Sapin avait laissé entendre que l'inversion ne serait pas au rendez-vous : "On s'oriente vers une situation (...) de stabilisation, c'est déjà considérable". Il a fait valoir que la hausse du chômage avait néanmoins été endiguée l'an dernier et que le chômage des jeunes reculait "depuis huit mois". "L'année 2013 aura été une année de bataille menée avec efficacité contre la montée du chômage", a assuré le ministre, devançant les critiques de ceux qui vont "gloser".

"L'économie doit prendre le relais de la création d'emplois"

Pour faire face aux critiques, le gouvernement compte désormais sur les entreprises et sur le pacte de responsabilité, chantier pour lequel patronat et syndicats ont été reçus lundi à Matignon, le jour même de la publication des (mauvais) chiffres de Pôle Emploi. Maintenant, "l'économie doit prendre le relais de la création d'emplois" a ainsi indiqué Michel Sapin.

Les prévisionnistes ont déjà tempéré l'espérance gouvernementale pour 2014. Vu la faiblesse de la croissance, l'Unédic pense que cette année, 63 200 demandeurs d'emploi sans activité supplémentaires devraient pousser la porte de Pôle emploi. Selon l'Insee, le taux de chômage devrait continuer à grimper pour atteindre 10,6% dans l'hexagone fin juin.