13h15, France 2

VIDEO. "On nageait littéralement dans le poison", dit un ouvrier agricole argentin, victime du glyphosate de Monsanto

Fabian Tomasi, 50 ans, est un ancien ouvrier agricole argentin qui a été empoisonné par le glyphosate, un désherbant de la multinationale américaine Monsanto. Il reçoit ce jour-là la visite de Paul François, un agriculteur intoxiqué par un autre produit anciennement commercialisé par le groupe... Extrait du magazine "13h15 le samedi"  du 10 mars.

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En Argentine, le glyphosate est roi ! Le désherbant phare de la multinationale américaine Monsanto y est utilisé à des doses dix à vingt fois plus élevées qu’en France. La firme de biotechnologies agricoles a fait de ce pays son laboratoire. Ce jour-là, Paul François, 54  ans, empoisonné à vie en avril 2004 par le Lasso, un produit anciennement commercialisé par la marque, rend visite à un homme qui est devenu la victime emblématique du glyphosate.

"Je ne peux pas te serrer la main, dit à l’agriculteur charentais le très faible homme qui avance vers lui à petits pas, plié en deux et à l’allure décharnée. Ah, enfin quelqu’un qui est le bienvenu chez moi, précise Fabian Tomasi, 50 ans, à celui qui est aujourd’hui un ambassadeur de la lutte contre Monsanto, engagé dans un long combat judiciaire." La conversation s’engage alors entre ces deux victimes des pesticides…

"J’ai une polyneuropathie toxique sévère"

"J’ai arrêté de travailler quand je suis tombé malade : j’ai une polyneuropathie toxique sévère, explique l’ancien ouvrier agricole à son visiteur qui est de son côté reconnu handicapé à 40%. Epandages, semis… je faisais un peu tout. On nageait littéralement dans le poison. On chargeait les avions, on ouvrait les bidons. Il y avait 200 bidons quand l’avion arrivait… Le problème, c’est que tant que rien ne t’arrive, tu ne réagis pas. L’humain est fait comme ça."

"Sur les étiquettes, on voyait bien des gens habillés comme des astronautes, mais cela nous faisait marrer, parce qu’on était pieds nus, en short, tête nue et on se demandait pourquoi il fallait se couvrir comme ça. Il ne nous est jamais rien arrivé", raconte Fabian au président de l’association Phyto-Victimes, qui vient en aide aux professionnels victimes des pesticides.

A lire > Un paysan contre Monsanto, par Paul François, avec Anne-Laure Barret (éd. Fayard, 2017).

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