Réforme des retraites : deux députés LREM réclament à Edouard Philippe des précisions sur la "faisabilité financière" du futur système

Au cœur des interrogations des deux élus, "les impacts budgétaires des différentes compensations" comme les "augmentations de salaires" des enseignants-chercheurs ou les "baisses de CSG" des avocats et autres professions indépendantes.

La députée LREM Emilie Cariou à l\'Assemblée nationale à Paris, le 9 août 2017, et son homologue Laurent Saint-Martin lors d\'un meeting LREM à Chartres (Eure-et-Loir), le 10 mars 2019.
La députée LREM Emilie Cariou à l'Assemblée nationale à Paris, le 9 août 2017, et son homologue Laurent Saint-Martin lors d'un meeting LREM à Chartres (Eure-et-Loir), le 10 mars 2019. (KARINE PIERRE / HANS LUCAS / AFP)

La polémique continue… et cette fois au sein même de la majorité. Malgré l'appel d'Emmanuel Macron à défendre la réforme des retraites, deux piliers de la commission des finances de l'Assemblée, les députés LREM Emilie Cariou et Laurent Saint-Martin, ont indiqué mercredi 12 février avoir écrit au Premier ministre pour l'interroger sur "les impacts budgétaires" de la réforme des retraites.

Dans ce courrier daté de mardi, les deux parlementaires posent une quinzaine de questions à Edouard Philippe, "afin de juger de la faisabilité financière de la réforme des retraites". Celles-ci ne portent pas "sur le coût global de la réforme mais sur les impacts budgétaires des différentes compensations" comme les "augmentations de salaires" des enseignants-chercheurs ou les "baisses de CSG" des avocats et autres professions indépendantes, a précisé la députée de la Meuse.

"Un paquet de milliards"

Au sujet des augmentations de salaires, "quel est le surcoût annuel pour l'Etat ? Quel est le calendrier de montée en charge ?" demandent par exemple Emilie Cariou et Laurent Saint-Martin, rapporteur général du budget et député du Val-de-Marne. Ou encore "quels sont les enseignants ciblés ? Qu'adviendra-t-il des autres enseignants ?"

Sur la baisse de la CSG des indépendants, dont les avocats, "quels sont les montants annuels de perte de cotisations et contributions sociales ?" "Comment sera financée la réduction de ces recettes ?" s'interrogent-ils.

"Rien n'est clair", dit Emilie Cariou au quotidien Le Monde. "Rien qu'avec les questions de cette lettre, on est sûrement déjà sur un paquet de milliards", selon elle.

Le gouvernement promet l'équilibre

Le courrier des deux "marcheurs" a aussitôt été évoqué à l'Assemblée en commission spéciale retraites qui a, fait inédit, échoué mardi soir à adopter le principal volet de la réforme, noyée sous des milliers d'amendements.

Elle a en revanche adopté mercredi le volet organique de la réforme, incluant une "règle d'or" qui prévoit une trajectoire pluriannuelle sur cinq ans imposant l'équilibre du système.

Interrogée lors du compte-rendu du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, a assuré de l'"engagement très clair" de l'exécutif en faveur de la "règle d'or", ajoutant que la valeur du point dans le futur système de retraites ne baisserait pas.