Réforme des retraites : le flou autour de la valeur du point inquiète l'opposition

Alors que la commission spéciale chargée des retraites a terminé ses travaux, plusieurs élus ont dénoncé la création d'un nouvel indicateur pour calculer la valeur du point du futur système de retraites. 

La commission spéciale à l\'Assemblée nationale chargée de la réforme des retraites, le 6 février 2020. 
La commission spéciale à l'Assemblée nationale chargée de la réforme des retraites, le 6 février 2020.  (CHRISTOPHE MORIN / MAXPPP)

C'est l'une des questions les plus anxiogènes du futur régime universel de retraite : quelle sera la valeur du point ? Alors que la commission spéciale sur le projet de loi des retraites s'est terminée, sans pouvoir examiner les quelques 22 000 amendements déposés par l'opposition, les débats ont révélé un certain flou autour de la valeur du point

Les Français concernés par la réforme cotiseront des points sur leurs salaires, et non plus des trimestres. Ces points seront transformés en pension au moment de partir à la retraite. Depuis deux ans, le gouvernement se montre rassurant et ne cesse de répéter que la valeur du point, une fois définie, ne pourra pas baisser. L'exécutif a notamment promis que le point serait revalorisé tous les ans en suivant l'évolution des salaires, et non les prix à la consommation, pour garantir une progression plus dynamique. Sauf que dans le projet de loi, la référence au salaire pour indexer la valeur du point n'apparaît pas. 

Un indicateur qui n'existe pas encore

À la place de la notion de salaire, il est question d'un "revenu moyen d'activité par tête". Cet indicateur n'existe pas et devra être crée par l'Insee, l'Institut national de la statistique après le vote de la loi. De quoi faire bondir en commission la députée La France insoumise, Clémentine Autain. "C'est la stupéfaction. Vous êtes en train de nous présenter un projet de loi où à chaque fois qu'une heure passe on découvre un nouveau lièvre. Vous inscrivez le revenu moyen et vous nous dites 'ce qui serait bien, c'est de trouver des indicateurs pour savoir comment on le calcule'. Vous vous rendez compte du niveau d'impréparation ?" L'élue dénonce cette loi qui "va être décidée par ordonnance demain sans que le gouvernement ne soit capable de nous dire ce qu'il va faire". 

Face à la polémique, le rapporteur général du texte à l'Assemblée nationale a apporté quelques précisions mardi 11 février. Guillaume Gouffier-Cha dément tout changement de pied du gouvernement. "Il n'y a pas de changement de braquet. Tout le monde parle de salaire de manière générale, je pense que ce n'était pas clair, explique le rapporteur général du projet de loi. Cet indicateur regroupera l'ensemble de la moyenne des revenus d'activité. Il découle du système universel qui va regrouper tous les Français et les Françaises quel que soit leur secteur d'activité au sein d'un même système de retraite. Il faut un indicateur commun", insiste-t-il.  

Guillaume Gouffier-Cha affirme également que les minimas sociaux, la prime d'activité et les allocations chômage ne seront pas pris en compte dans cet indicateur. Mais il faudra attendre le vote du projet de loi retraite pour en connaître le contour exact.