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Pensions alimentaires impayées : "Il se sent non redevable", témoigne une femme à propos de son ex-mari qui lui doit 36 000 euros

Le dispositif de lutte contre les pensions alimentaires impayées est renforcé à partir de mardi. En cas de non versement, le montant sera prélevé directement sur le compte de l'ex-conjoint(e).

Article rédigé par Sandrine Etoa-Andegue
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min
Un nouveau dispositif mis en place par la Caisse d'allocations familiales, mardi 1er mars, vise à faciliter le versement des pensions alimentaires. Cela concerne 35 000 divorces par an. La journaliste Saada Soubane, présente sur le plateau du 19/20, revient sur cette nouvelle mesure. (AFP)

Laurence a fait ses calculs et son ex-mari lui doit 36 000 euros de pension alimentaire. Ce qui correspond à dix ans d'impayés, à raison de 300 euros par mois pour leurs deux filles âgées aujourd'hui de 18 et 22 ans. À ce jour, même lorsqu’ils en ont les moyens, un quart des parents séparés ne paient aucune pension à leur ex-conjoint(e). Dans la majorité des cas, ce sont des mères qui y sont confrontées.

À partir du mardi 1er mars l'intermédiation financière est généralisée pour éviter les pensions alimentaires impayées. Autrement dit, il est possible de prélever l'argent directement sur le compte du parent qui doit la verser. Deux organismes s’occupent de ce recouvrement, la Caisse nationale des allocations familiales et la Mutualité sociale agricole. 

L'ex-conjoint de Laurence a dû verser "deux ou trois mois de pension", selon la mère de famille. "C'est tout ce qu'il a fait. Après, il est parti à l'étranger, donc il est rentré dans son pays." Elle explique qu'il est d'abord allé à Dubaï quelques années, puis et qu'il vit désormais en Inde, très éloigné de son ancienne vie de famille. "J'ai l'impression qu'il se sent non redevable de ça. Il me l'a dit clairement."

Aucune trace de son ex


L'ergothérapeute dit avoir un salaire correct, mais elle a fait une croix sur certaines dépenses, certains loisirs. "Avant, on prenait l'avion pour partir en vacances, mais on ne le fait plus", glisse-t-elle. Le complément familial versé par la CAF pour compenser cette perte ne suffit pas. "Payer les études de ma grande, s'assurer qu'elle puisse payer son loyer, payer les activités de la deuxième. Tout ça, c'est compliqué, confie Laurence, C'est plutôt ces dernières années que je me rends compte que c'est 300 euros là me manquent." 

Laurence a lancé des démarches avec la Caisse d'allocations familiales pour retrouver la trace de son ex-conjoint. En vain. Aujourd'hui, elle a renoncé à réclamer cet argent. "Pour ne pas me faire de mal psychologiquement et pas être toujours dans la frustration et dans la colère", commente-t-elle. Elle compte sur l'aide de sa mère et de sa sœur. 

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