L'ensemble de la zone euro placée sous "surveillance négative", la France pourrait être dégradée de deux crans

L'agence de notation Standard & Poor's a annoncé qu'elle plaçait sous "surveillance négative" 15 pays de la zone euro, dont les six encore notés "AAA". Mais parmi ces derniers, c'est la France qui est menacée de la dégradation la plus sévère.

(Brendan McDermid Reuters)

Dans son communiqué,  Standard & Poor's indique que les notes de l'Autriche, de la Belgique, de la Finlande, de l'Allemagne, des Pays-Bas et du Luxembourg pourraient être abaissées jusqu'à un cran. Celles des autres pays - dont la France - jusqu'à deux.

La France serait donc le pays dont la note serait la plus dégradée des triple A. Ce qui signifie qu'elle a une chance sur deux de passer à "AA+" ou "AA" dans les trois mois qui viennent. Pour deux raisons :

Standard & Poor's est beaucoup plus pessimiste que l'exécutif français et table sur une croissance de 0,5% en 2012, soit moitié moins que la croissance officiellement annoncée. S&P craint aussi pour l'avenir des banques françaises, et leur capacité à aller se financer à l'étranger. Pour l'agence de notation, l'Etat pourrait avoir encore à mettre la main au portefeuille pour les soutenir.

Faut-il craindre ces menaces de dégradation ?

L’Elysée
a aussitôt publié un communiqué commun de la France et de l’Allemagne "solidaire" ,
pendant que François Baroin, le ministre de l’Economie, jurait sur France 3 que le gouvernement faisait "tout pour protéger les économies des Français "
et que Valérie Pécresse, la ministre du Budget, sur France Info, appelait à "ne pas baisser les bras et adopter le langage du dénigrement adopté par la gauche ".

Une
mobilisation médiatique maximale, signe du malaise de l'exécutif. La perte du "AAA" ferait mauvais effet sur le bilan économique de Nicolas Sarkozy. D’autant que d'autres agences pourraient suivre. Ainsi Moody's avait annoncé mi-octobre qu'elle se
donnait
trois mois pour évaluer la perspective "stable " qu'elle donne au
triple A français.

Y a t-il pour autant péril en la demeure ? Les avis des économistes divergent.

Pour Marc Touati, directeur d'Assya Compagnie Financière , la mise en garde de S&P vient sanctionner le mauvais diagnostic des dirigeants européens : "le sommet franco-allemand l'a encore montré : les Européens n'ont rien compris. On s'acharne sur une soi-disant rigueur, alors que le vrai danger, c'est l'absence de croissance ". 

Bertrand Jacquillat, vice-président du cercle des économistes , est lui plus optimiste. Il voit dans la mise sous surveillance de toute la zone euro et pas seulement la France, un signal vertueux qui va "renforcer la recherche d'une solution commune dans les jours qui viennent ". L'annonce
de Standard & Poor's concerne en tout 15 pays de la zone euro sur 17. Les deux qui
ne sont pas cités sont la Grèce - qui est considéré comme en défaut de paiement

  • et Chypre qui était déjà sous surveillance négative.

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