Complément d'enquête, France 2

VIDEO. Entente sur les prix : "Des taxis libres en stationnement illégal"

De nombreux taxis restent branchés sur le central radio de la société G7 plutôt que d'attendre à une station. Un chauffeur libre qui refuse un client est dans l'illégalité et risque 1 500 euros d'amende. Beaucoup prennent ce risque, car c'est plus rentable. Extrait de "Complément d'enquête" du 23 avril.

Les taxis de la compagnie G7 ont la liberté, en théorie, d'embarquer des clients qui n'ont pas contacté leur société. On constate cependant que de très nombreux chauffeurs choisissent de rester branchés sur le central radio G7. Mohammed Bahtiti, un ancien chauffeur de taxi, dénonce depuis dix ans cette dérive du système G7, qui pénalise le client lambda.

Dans un parking souterrain du quartier d'affaires de La Défense, des dizaines de taxis libres préfèrent attendent une course réservée par radio plutôt que de se faire héler dans la rue. "Ils sont en stationnement illégal, en dehors des stations de taxis prévues à cet effet, avec  la radio allumée, comme le dispositif lumineux, et une gaine qui n'est pas mise. Ça veut dire qu'ils sont au travail", explique Mohammed Bahtiti.

Une borne qui ne sonne jamais…

Le journaliste du magazine Complément d'enquête s'approche d'un taxi dont le dispositif lumineux, vert, indique la disponibilité. Le chauffeur refuse de le prendre en charge avec cet argument : "Il faut appeler. Ce n'est pas une station, ici." Et selon lui, "être vert", "ça ne veut rien dire". Refuser un client est pourtant illégal et passible de 1 500 euros d'amende. Les chauffeurs prennent ce risque car les réservations radio sont plus rentables. Les hommes d'affaires de La Défense sont des abonnés qui peuvent payer le prix fort.

"On espère les courses qui rapportent de l'argent", confie l'un des taxis, tandis qu'un autre confirme que "c'est le système, et ça fait des années que ça dure. La radio, c'est comme la cigarette. On commence et on ne peut plus s'en passer…". Un peu plus loin, un taxi solitaire attend un hypothétique client à la station officielle, une "borne qui ne sonne jamais", selon la conductrice, qui "travaille dans la rue" sans radio, "à l'ancienne", car elle estime que les "gens qui lèvent la main ont le droit d'avoir un taxi".

(COMPLÉMENT D'ENQUÊTE / FRANCE 2)