Galeries Lafayette, Printemps... Les grands magasins s'ouvrent à la seconde main : "Un tournant aussi fort que celui du prêt-à-porter"

Après 200 jours de fermeture en raison de la crise sanitaire, les grands magasins ont besoin de se réinventer. Ces enseignes, connues pour leurs articles de luxe, ouvrent des espaces dédiés aux articles de seconde main. 

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Radio France
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Le rayon des produits de seconde main aux Galeries Lafayette, à Paris, le 14 septembre 2021. (ERIC PIERMONT / AFP)

Marielle fait souvent un tour dans les grands magasins, pour le plaisir des yeux. Mais dans le nouvel espace dédié à la seconde main, elle pourrait craquer : "Les Galeries Lafayette, j'adore, confie la cliente. Malheureusement, je n'ai pas le porte-monnaie qui suit... Mais j'ai quand même des goûts de luxe !"  Désormais, le luxe et la fripe se retrouvent sous un même toit. Les grands magasins se sont donnés le mot et ouvrent tous des rayons de seconde main. Ce n'est pas un hasard, après quelque 200 jours de fermeture en 18 mois, et la fréquentation de la clientèle étrangère en baisse"Ça a l'air quand même d'être de belles affaires, de qualité, 100% laine... Voyez, l'étiquette est encore impeccable, montre Marielle, 60 euros pour une veste, c'est un prix vraiment abordable !

Un changement de stratégie pour la clientèle française

De la friperie à l'occasion de luxe, entre "upcycling" et "recycling", la tendance est incontournable. "Ce n'est pas une brocante, ce n'est pas un marché, ce sont des espaces permanents, précise Alix Morabito, la directrice des projets spéciaux aux Galeries Lafayette, à Paris. Nous avons vraiment souhaité donner à ces nouveaux acteurs, qui sont les relais de croissance de demain, une visibilité à la hauteur de l'ensemble des marques du prêt-à-porter."

Il s'agit en fait d'une stratégie pour une clientèle différente, plus jeune, et française. Conséquence de la crise sanitaire, les clients étrangers sont bien moins nombreux. "Nous avons un poids de clientèle française plus important, naturellement, confirme Alexandre Liot, directeur général des Galeries Lafayette Haussman. Malheureusement, nos visiteurs internationaux ont beaucoup de mal à rejoindre le territoire. En 2019, la clientèle internationale représentait un peu plus de 50% de notre chiffre d'affaire."

Fin août, nous sommes à plus de 28% de progression de la clientèle française et c'est une très bonne nouvelle

Alexandre Liot

à franceinfo.

Au Printemps Haussmann, c'est tout un étage qui ouvre, consacré à la seconde main. 1 300 mètres carrés, sous une coupole jamais montrée au public. Les clients peuvent y revendre leur vestiaire, faire nettoyer leurs baskets ou remettre au goût du jour un robe de mariée. Et ce n'est qu'un début, selon Jean-Marc Bellaiche, le président du groupe Printemps. "Ce qu'il se passe ici, analyse-t-il, avec ces nouveaux modes de consommation, c'est un petit peu ce qui a pu se passer au début du XXe siècle lorsqu'ils ont dû se retrouver dans la salle du comité exécutif du Printemps et se dire : 'Il y a quelque chose qui s'appelle le prêt-à-porter, est-ce qu'on y va ou pas ?' Aujourd'hui, je pense que c'est un tournant aussi fort que celui-là." Désormais, pour repérer les marques qui ont pris ce virage, un label maison existe au Printemps : "Unis vers le beau responsable", en 22 critères. 

Le reportage de Sophie Auvigne
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