Carburants : pourquoi les prix à la pompe sont-ils repartis à la hausse en plein été ?

En cette première quinzaine d'août, le litre de gazole et de sans-plomb 95 coûte respectivement 14 et 11 centimes plus cher en moyenne qu'au début du mois de juillet.
Article rédigé par Capucine Licoys, franceinfo avec AFP
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Un homme fait le plein de carburant pour sa voiture dans une station-service de la grande distribution, le 11 mai 2023 en Vendée. (Photo d'illustration) (MATHIEU THOMASSET / HANS LUCAS / AFP)

C'est une mauvaise nouvelle pour les aoûtiens. Selon des données du ministère de la Transition écologique, les prix du gazole et du carburant sans-plomb SP95-E10 sont, début août, plus élevés de 14 et 11 centimes en moyenne par rapport au début du mois de juillet. Ces envolées des prix, qui surviennent en pleines vacances d'été, alourdissent la facture des automobilistes, actuellement confrontés à des tarifs inédits depuis le mois d'avril.

Après une stagnation en fin de printemps, les prix à la pompe sont repartis à la hausse pendant tout le mois de juillet. Une augmentation particulièrement marquée pour le gazole, comme le montre le graphique ci-dessous. Ces hausses restent pour l'instant modérées en comparaison avec le mois de mars 2022, période pendant laquelle les stations-service affichaient des tarifs supérieurs à 2 euros le litre

Vendredi 4 août, date des dernières données disponibles, le gazole vendu dans les stations-service coûtait en moyenne 1,8064 euro le litre, soit 6,70 centimes de plus que la semaine précédente. Du côté du sans-plomb 95-E10, le prix à la pompe s'élève à 1,8953 euro, soit une hausse de 2,80 centimes. Le prix du sans-plomb 95 a légèrement moins augmenté pour sa part (+1,73 centime), atteignant le prix d'1,9103 euro.

Cette hausse des tarifs est imputable à l'augmentation des cours du pétrole brut, presque continue entre début juillet et début août. Le Brent, référence européenne en matière de pétrole brut, a pris environ 12%. Le baril de Brent de la Mer du Nord se négocie actuellement à 85 dollars, contre 75 dollars en moyenne fin juin.

Des baisses de production de l'Arabie saoudite et de la Russie

Ces hausses récentes s'expliquent par des coupes volontaires de production exercées par neuf pays de l'OPEP+, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et leurs alliés, dont font partie la Russie et l'Arabie saoudite. Ces baisses de production, fixées à 1,6 million de barils en moins par jour, ont débuté en mai et doivent durer jusqu'en 2024. "Les marchés ont fini par prendre conscience que les baisses de production allaient se prolonger", décrypte Jean-Pierre Favennec, consultant et spécialiste des questions de l'énergie, ce qui explique une répercussion à la hausse cet été sur les prix du pétrole.

Depuis plusieurs mois, la Russie et l'Arabie saoudite ont simultanément annoncé des baisses de production supplémentaires. Des décisions qui permettent à ces pays d'engranger des profits plus importants. "Pour l'Arabie saoudite, c'est une manière de financer ses projets de développement, et pour la Russie, de faire face à la guerre en Ukraine", explique Jean-Pierre Favennec.

Dan le détail, l'Arabie saoudite a fait savoir en juin qu'elle réduirait sa production d'un million de barils par jour au mois de juillet, mesure qu'elle a prolongée à deux reprises, pour les mois d'août et de septembre. La Russie a de son côté déclaré réduire ses exportations de brut de 500 000 barils par jour en août, et de 300 000 en septembre. Ces mesures ont d'autant plus d'impact qu'elles interviennent à une période de forte demande mondiale en raison des vacances d'été et des chassés-croisés sur les routes.

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