Carburants : pourquoi les prix de l'essence et du diesel sont à nouveau au plus haut

Les prix des carburants routiers ont tous augmenté. Franceinfo vous explique les raisons de cette hausse. 

Une station-service de Bailleul (Nord), le 9 octobre 2018. 
Une station-service de Bailleul (Nord), le 9 octobre 2018.  (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Flambée à la pompe et pour vos cartes bleues. Les prix des carburants routiers ont en effet tous augmenté la semaine dernière, selon des chiffres officiels, publiés lundi 8 octobre. 

Le gazole s'affichait en moyenne à 1,5217 euro le litre, soit 3,82 centimes de plus que la semaine précédente. Le litre d'essence sans-plomb 95 a pour sa part progressé de 2,13 centimes, à 1,5733 euro, tandis que celui de super contenant jusqu'à 10% d'éthanol (SP95-E10) a augmenté de 1,95 centime, à 1,5462 euro. L'essence sans-plomb 98 (SP98) était pour sa part vendue en moyenne 1,80 centime de plus par litre, à 1,6358 euro.

Hausses des prix des carburants (en TTC), depuis le 1er janvier 2018. 
Hausses des prix des carburants (en TTC), depuis le 1er janvier 2018.  (FRANCEINFO / DATAWRAPPER)

Rien à voir avec les prix pratiqués au début de l'année. La première semaine de 2018, en moyenne, le gazole se vendait à 1,3935 euro le litre, le sans-plomb 95 à 1,4682 euro et le sans-plomb 98 à 1,5395 euro. Mais comment expliquer la hausse de ces derniers jours ? Eléments de réponse. 

Parce que le prix du baril de pétrole a flambé

Avant de couler à la pompe, le pétrole brut est l'objet d'un intense commerce entre pays producteurs et pays consommateurs. Ces dernières semaines, les cours ont grimpé à leur plus haut niveau en quatre ans face à la crainte de voir l'Iran, sixième exportateur mondial, exclu du marché. Donald Trump cherche en effet à sanctionner Téhéran – qui représente environ 5% de la production mondiale – dans le cadre de l'accord de 2015 sur le nucléaire iranien, dont le président des Etats-Unis s'est retiré en mai.

Pour tenter de compenser, le président américain a intimé à Riyad et à l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) en général, via des tweets rageurs, d'augmenter leur production. Or l'Arabie saoudite est déjà proche de ses records, notent Les Echos. Devant cette incertitude, le prix du brut augmente. 

Autre facteur de hausse, plus conjoncturel celui-là : une partie de la production de pétrole a été momentanément suspendue dans le golfe du Mexique en raison de l’ouragan Michael.

Parce qu'il y a une hausse des taxes

Dans le même temps, les automobilistes voient les prix à la pompe augmenter en raison d'un double phénomène : le rattrapage progressif de la fiscalité du gazole sur celle de l'essence et la hausse de la taxe carbone, ce prélèvement pesant sur les produits énergétiques en fonction de leur émission de CO2. Selon l'Association nationale de défense des consommateurs et usagers, le gasoil et l'essence ont subi de 10 à 15 centimes d'euro de hausse en un an.

Et la hausse va continuer l'an prochain, puisque cette contribution passera de 44,60 euros la tonne de CO2 à 55 euros au 1er janvier 2019. Résultat, l'an prochain, les taxes sur le gazole augmenteront de 6,5 centimes par litre, dont 2,6 centimes de rattrapage par rapport à la fiscalité de l'essence, et celles sur l'essence de 2,9 centimes.