Bonus de 10 000 euros pour remplacer les véhicules diesel : ce qui change et comment ça marche

Le gouvernement a annoncé, vendredi, l'extension de la prime accordée aux automobilistes qui achètent un véhicule électrique en échange de l'abandon d'un véhicule à moteur diesel.

Une pompe à essence délivrant du diesel, à Mulhouse (Haut-Rhin), le 1er octobre 2014.
Une pompe à essence délivrant du diesel, à Mulhouse (Haut-Rhin), le 1er octobre 2014. (MAXPPP)

"Ce que j'espère dans cinq ans, c'est qu'une voiture sur deux soit électrique. La vraie mutation, elle est là." Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie, a annoncé que le gouvernement allait assouplir les conditions d'obtention du bonus de 10 000 euros accordé aux acheteurs de véhicules électriques qui souhaitent remplacer leur vieux véhicule diesel.

Francetv info revient sur cette mesure.

Qu'est-ce qui change ?

Depuis le 1er avril, si vous achetez une voiture électrique et mettez à la casse votre véhicule diesel de plus de 15 ans, vous bénéficiez d'un bonus de 10 000 euros. Pour les véhicules rechargeables qui émettent entre 21 et 60 grammes de CO2 au kilomètre, ce bonus est un peu moins élevé : 6 500 euros. A noter que tout cela est également valable lorsqu'on loue ce type de véhicules pendant une durée de plus de deux ans.

Avec l'assouplissement annoncé (dont la date d'entrée en vigueur n'est pas encore connue), le bonus sera étendu aux modèles diesel de plus de 10 ans. La prime doit concerner "un nombre plus important d'automobilistes, car plus de 15 ans, c'est étroit", a reconnu Ségolène Royal sur i-Télé.

Mais Le Figaro relève que le bonus pour les hybrides va diminuer à partir du 1er janvier 2016 : "Le bonus écologique de base passera de 2 000 euros à 750 euros pour les hybrides et chutera à 1 000 euros au lieu de 4 000 euros pour les hybrides rechargeables."

Est-ce rentable pour le consommateur ?

Selon La Tribune, l'un des principaux freins à l'achat d'un véhicule électrique est le prix. Ainsi, la Renault Zoé est mise en vente à partir de 21 900 euros, la Nissan Leaf à partir de 24 390 euros et le modèle S de Tesla à partir de 60 000 euros.

Sauf qu'une voiture électrique reviendrait moins cher sur le long terme. "A l'usage, le 'carburant' d'un véhicule électrique revient à 2 euros pour 100 km, soit 5 à 7 fois moins cher qu'un véhicule thermique", écrit La Tribune, qui cite l'Avere-France, l'Association nationale pour le développement de la mobilité électrique.

Cela va-t-il marcher ?

Oui, probablement. La prime entrée en vigueur en avril a déjà un impact significatif. "D'après ce que nous disent les constructeurs, depuis avril et la mise en place de la mesure, plus de 50% des voitures électriques ont été vendues grâce à la mise au rebut d'un vieux diesel", explique Marie Castelli, secrétaire générale de l'Avere-France, qui souligne que cette proportion varie selon les marques.

Selon les derniers chiffres publiés par l'Avere-France, 11 779 véhicules particuliers électriques neufs ont été mis sur les routes françaises lors des neuf premiers mois de l'année, contre 6 929 lors de la même période en 2014, soit une progression de 70%.

La part de l'électrique reste toutefois modeste, environ 0,8%, puisque 1,42 million de voitures neuves ont été immatriculées dans l'Hexagone depuis janvier. Cette proportion était de 0,59% en 2014.