Ziad Takieddine : les aveux

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Présenté parElise Lucet

Diffusé le 26/06/2013Durée : 00h50

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Ziad Takieddine a craqué. L'homme d'affaires franco-libanais a reconnu avoir oeuvre au financement occulte de la campagne présidentielle d'E. Balladur en 1995. Il évoque des retrocommissions issues de juteux contrats d'armement avec l'Arabie Saoudite et le Pakistan.

Après avoir nié sans relâche, Ziad Takieddine passe aux aveux. Des révélations explosives rendues publiques ce matin par Le Monde. a affirme, devant les juges, avoir remis des valises d'argent liquide à l'entourage d'Edouard Balladur pour financer la campagne présidentielle en 1995.

Il a avoué car il en a assez de vivre avec ce passé. Il traine ça comme ça comme un boulet. Il a 62 ans et sait que cette vie est terminée.

A l'origine de l'affaire, deux gros contrats d'armement signes parla France en 1994 avec le Pakistan et l'Arabie Saoudite. Edouard Balladur est alors Premier ministre. Ziad Takieddine, intermédiaire, empoche de juteuses commissions. Rien d'illégal jusque là. Nicolas Bazire, directeur de campagne d'Edouard Balladur, lui aurait demandé quelques mois plus tard un retour d'ascenseur. 6 millions de francs à l'époque, destinés à financer la campagne, selon Ziad Takieddine. Il serait allé chercher l'argent à Genève avec Thierry Gaubert, alors collaborateur du ministre du Budget Nicolas Sarkozy. Bazire et Gaubert nient fermement.

Ces déclarations sont en totale contradiction avec les précédentes déclarations de monsieur Takieddine, interrogé à 17 reprises par les juges d'instruction. A aucun moment il n'a mis en cause monsieur Bazire. Les dernières déclarations sont celles d'un homme qui est brise, prive de liberté et prêt à dire n'importe quoi.

Pourtant, l'ex-épouse de Thierry Gaubert avait déjà évoqué des valises d'espèces récupérées par son mari, comme l'affirme aujourd'hui Ziad Takieddine. Les juges disposent donc d'un nouveau témoignage clé, mais ils n'ont pas encore de réponse à toutes leurs questions. Edouard Balladur et Nicolas Sarkozy, porte-parole du candidat, pouvaient-ils ignorer l'existence d'un système de financement occulte ? Personne ne les accuse directement dans ce dossier.

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