Violences conjugales : "Il faut faire attention à l’inéligibilité automatique", juge Clémentine Autain 

La députée de la France insoumise, Clémentine Autain, s'est montré réticente sur le concept d'"inéligibilité automatique" pour les auteurs de violences notamment conjugales ou intrafamiliales. Un projet présent dans une proposition de loi Renaissance, rejeté ce mardi à l'Assemblée.
Article rédigé par France Info
Radio France
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Clémentine Autain, députée LFI, était l'invitée du "8h30 franceinfo", samedi 8 janvier 2022. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

"Il faut faire attention à l’inéligibilité automatique", a déclaré ce mercredi sur franceinfo la députée LFI de Seine-Saint-Denis Clémentine Autain, alors que l’Assemblée nationale a rejeté mardi une proposition de loi Renaissance. Elle entendait imposer une peine d'inéligibilité à davantage d'auteurs de violences, notamment conjugales ou intrafamiliales, après l'affaire Adrien Quatennens, le député condamné pour violences conjugales et suspendu quatre mois par son groupe. Clémentine Autain, pourtant connue pour ses combats féministes, a voté contre le texte. La députée de Seine-Saint-Denis dénonce "une initiative "petits bras". À la veille de la journée internationale des droits des femmes, "on voit très bien le coup politique, je pense que le féminisme vaut mieux que ça", assure Clémentine Autain.

"L’opportunisme politique a été dénoncé sur cette proposition et le féminisme mérite mieux", a déclaré la députée LFI, qui estime que "dans la tête d'Aurore Bergé et des siens, il y avait l'idée de surfer sur l'affaire Quatennens et, au fond, d'utiliser cette histoire pour polémiquer avec nous".

"Le débat qui a eu lieu en commission a été quand même assez unanime pour dire que cette loi n'était ni fait ni à faire", a ajouté Clémentine Autain.


Lors de la campagne présidentielle, Jean-Luc Mélenchon avait pourtant défendu sur un plateau télévisé qu'il fallait "un casier judiciaire vierge pour être élu", mais Clémentine Autain assure qu'il avait alors "outrepassé ce qui était précisément écrit dans le programme". Pour la députée de Seine-Saint-Denis, "il faut faire attention avec l'inéligibilité automatique". "Pour des affaires de corruption, c'est assez logique", précise-t-elle, car "quand on est élu, on se doit d'être irréprochable sur ce terrain." Mais pour le reste des infractions, "on ouvre potentiellement une boîte de Pandore". "Si, pour des raisons politiques, vous avez fauché des champs d'OGM, vous êtes condamnés. Est-ce que vous ne pouvez plus être élu ?", interroge-t-elle.

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