VIDEO. Féminicides en France : "Les chiffres restent d'une régularité glaçante", déplore Marlène Schiappa

La secrétaire d'État à l'Égalité femmes-hommes espère que le Grenelle contre les violences conjugales organisé par le gouvernement en septembre contribuera à faire changer les mentalités.

Franceinfo / Radio France

On recense 85 féminicides depuis le mois de janvier, 121 pour l'année 2018. "Les chiffres restent d'une régularité glaçante", reconnaît volontiers mercredi 7 août sur franceinfo Marlène Schiappa. "À vingt féminicides près, on est sur le même chiffre depuis qu'il y a des chiffres officiels, donc depuis 2010, quelle que soit la volonté politique des gouvernements successifs", constate la secrétaire d'État à l'Égalité femmes-hommes. "Je crois que le problème est d'ordre global, systémique et qu'il faut un changement d'ordre culturel."

Un Grenelle pour "mettre chacun face à ses responsabilités"

"Il y a un changement culturel à opérer, c'est la raison pour laquelle le gouvernement a décidé d'organiser un Grenelle des violences faites aux femmes", a poursuivi la secrétaire d'État. Les résultats de l'enquête diligentée par la garde des Sceaux, Nicole Belloubet, sur les défaillances du système dans les violences faites aux femmes seront "mises sur la table" lors de ce Grenelle, a annoncé Marlène Schiappa.

Pour chaque féminicide, on voit très clairement des dysfonctionnements ou des dispositifs de service public, qui existent mais qui n'ont pas été mis en œuvre au niveau des dépôts de plaintes

Marlène Schiappa

à franceinfo

"J'ai reçu, par exemple, toutes les parties prenantes et les proches de madame Julie Douib, qui est une femme qui a été tuée il y a quelques mois en Corse, a détaillé Marlène Schiappa. On s'aperçoit que cette femme avait déposé des plaintes, plusieurs fois, que son père avait lui aussi déposé des plaintes pour elle et que ces plaintes n'ont pas été suivies d'effet. Et ça, c'est insupportable pour nous, alors que nous disons aux femmes qu'il faut qu'elles parlent."

Lors du Grenelle, "on va regarder la différence entre l'impulsion politique qui est donnée par le gouvernement et la réalité de ce qui se produit sur le terrain pour mettre chacun face à ses responsabilités", promet Marlène Schiappa.

"Toutes les associations (...) peuvent concourir, participer et venir"

Marlène Schiappa s'est indigné des reproches formulés contre le gouvernement d'un manque de concertation quant à l'organisation de ce Grenelle. "C'est absolument faux, a-t-elle répondu. Au contraire, on travaille depuis des mois, main dans la main avec les associations. Ce Grenelle des violences conjugales, c'était une demande des associations et nous avons répondu à leur demande."

Je ne peux pas laisser dire qu'il n'y a pas de concertation alors que c'est l'inverse !

Marlène Schiappa

à franceinfo

"Un Grenelle, c'est un processus, a-t-elle détaillé. Il est lancé le 3 septembre 2019, les services du Premier ministre adressent les invitations à partir de la deuxième quinzaine d'août. (...) Il y a un mail, grenelle@pm.gouv.fr. Toutes les associations qui n'ont pas encore été identifiées et qui n'ont pas été sollicitées peuvent bien évidemment, concourir, participer et venir. (...) Si les associations qui sont politisées déplorent de façon politique le manque de concertation du gouvernement, qu'elles se joignent à nous !"