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Législatives : "Qui a envie d'être représenté par quelqu'un qui tape sa femme ?", s'interroge la co-initiatrice du #metoopolitique après le retrait de Jérôme Peyrat

Fiona Texeire estime que "les choses auront vraiment avancé quand on n'aura plus besoin de demander aux partis de rendre des comptes". 

Article rédigé par franceinfo
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L'ancien conseiller à l'Elysée a retiré sa candidature en Dordogne ce mercredi.  (LOTH ARNAUD / MAXPPP)

"Qui a envie d'être représenté par quelqu'un qui tape sa femme, qui harcèle sa collaboratrice ou qui d'une façon générale a un comportement violent envers les femmes ?", s'interroge jeudi 19 mai sur franceinfo Fiona Texeire, collaboratrice d’élus, intervenante à Sciences Po Rennes et co-initiatrice du #metoopolitique, après le retrait de la candidature aux législatives de Jérôme Peyrat.

>> En retirant sa candidature, Jérôme Peyrat "a pris une décision qui l'honore", réagit le maire de Reims Arnaud Robinet

Condamné pour violences conjugales, ce dernier avait quand même été investi dans la 4e circonscription de Dordogne par LREM. Fiona Texeire demande aux partis de "ne plus prendre le risque d'investir des hommes violents à des postes de pouvoir".

franceinfo : Jérôme Peyrat, condamné pour violences conjugales, parle d'erreur d'appréciation, de malentendu sur sa candidature au moment de la retirer, qu'en pensez-vous ?

Fiona Texeire : C'est un malentendu sur le rôle d'un député qui représente l'ensemble de la nation. Aujourd'hui, qui a envie d'être représenté par quelqu'un qui tape sa femme, qui harcèle sa collaboratrice ou qui d'une façon générale a un comportement violent envers les femmes ? La question ne devrait même pas se poser. Nous citoyens et citoyennes, on n'aurait même pas dû avoir ce rôle d'interpellation à mener auprès des partis. On en est encore là alors que ça fait des mois qu'on réclame aux partis politiques d'être vigilants sur les investitures. On en est encore là de demander des comptes pour interpeller les partis pour qu'ils arrêtent de négliger la parole des femmes.

Taha Bouhafs a été retiré par la Nupes, Jérôme Peyrat se retire, on peut dire que les choses avancent quand même ?

Je crois que les choses auront vraiment avancé quand on n'aura plus besoin de demander aux partis de rendre des comptes. Le plus souvent, les partis peuvent faire une enquête interne, suspendre, prendre des décisions de prévention. On ne demande pas aux partis de se substituer à la justice. On leur demande d'écouter la parole des femmes, de les protéger et de ne plus prendre le risque d'investir des hommes violents à des postes de pouvoir. Les partis politiques sont obligés de réagir après coup. Ce qui serait normal c'est qu'ils le fassent en amont et que cette question ne soit plus du fait de militants. Ce serait bien que la Haute autorité de transparence pour la vie publique s'assure que les élus ne représentent pas un danger pour les femmes.

Cette prévention que vous avancez, les partis politiques ont du mal à l'entendre ?

Lorsqu'on écoute la parole des femmes, on ne peut pas dire que "ça va bien se passer", comme le prétend le ministre de l'Intérieur. Il y a des femmes qui ont porté des accusations de violences. Est-ce que c'est ce modèle-là qu'on veut à l'Assemblée nationale ? Est-ce qu'on veut offrir [aux hommes violents] l'immunité parlementaire ? Est-ce qu'on pense qu'ils seront à même de se mobiliser pour voter des lois qui protègent les femmes contre les violences qui peuvent leur être infligées ? Est-ce que c'est à eux qu'on a envie de confier cette charge-là ?

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