Un comte assure être l'héritier du trône de Monaco et réclame 351 millions d'euros à la France

Louis de Causans accuse l'Etat français d'avoir modifié au début du XXe siècle les règles de succession de la principauté de Monaco et a engagé une procédure de dédommagement.

La principauté de Monaco, le 10 février 2016.
La principauté de Monaco, le 10 février 2016. (MAXPPP)

Il serait un prince sans trône. Le comte Louis de Causans a engagé une procédure de dédommagement contre l'État français car il estime que ce dernier a injustement évincé ses ancêtres du trône de Monaco au début du XXe siècle, révèle Le Parisien, dimanche 12 août. 

Jean Raymond Marie de Vincens de Causans – son patronyme complet – assure être descendant de plusieurs grandes familles de la noblesse. Selon lui, l'État français a fait pression sur le Rocher au début du siècle dernier pour modifier les règles de succession et lui devrait donc 351 millions d'euros en guise de réparation. "D’ordinaire, dans mon milieu, on reste discret et on renâcle à remuer ce genre de choses. Mais il faut rétablir la vérité. C’est une question d’honneur", confie le comte au quotidien.

Empêcher un Allemand d'accéder au trône

Cette situation remonterait selon lui avant l'accession au trône de Louis II de Monaco (1922-1949). A l'époque, cet homme n'a pas d'enfant légitime et refuse de se marier. Selon les règles en vigueur, il ne peut pas devenir prince. En l'absence de descendant, la succession doit être attribuée à une autre branche de la famille, en l’occurrence à son cousin allemand Guillaume II de Wurtemberg-Urach.

Mais pour la France, il est impossible que le Rocher soit gouverné par un Allemand. "C’était, à la veille de la Première Guerre mondiale, tout simplement inacceptable", explique Jean-Marc Descoubes, l’avocat de Louis de Causans, au Parisien. Grâce à des négociations secrètes, la France et la principauté signent en 1918 un traité qui permet à Louis II de reconnaître un(e) héritier(e) adoptif(ve). L'homme a justement eu une enfant illégitime, Charlotte, qu'il décide de reconnaître. La branche allemande abandonne toute prétention au trône. 

Sans ce traité, c'est la famille de Louis de Causans qui serait montée sur le trône, affirme le comte. Théoriquement, c’est son oncle qui aurait pu régner aujourd’hui. Le ministère des Affaires étrangères a été saisi de cette affaire le 2 juillet lors d'une procédure pour "responsabilité sans faute", selon Le Parisien. Il a deux mois pour répondre. A défaut, Louis de Causans pourra saisir le tribunal administratif.