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Recensement des migrants dans les centres d'accueil : les associations saisissent le Défenseur des droits

Pour dénoncer la directive du ministère de l'Intérieur, qui prévoit de recenser les migrants à l'intérieur même des centres d'accueil d'urgence, les associations de lutte contre l'exclusion saisissent le Défenseur des droits, Jacques Toubon.

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Radio France
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Photo d'illustration d'un centre d'accueil d'urgence. (MAXPPP)

Les associations de lutte contre l'exclusion saisissent, lundi 18 décembre, le Défenseur des droits, Jacques Toubon. Elles protestent contre une directive du ministère de l'Intérieur, dévoilée dans la presse le 12 décembre dernier et encore non publiée, demandant aux préfets de recenser les migrants à l'intérieur même des centres d'accueil d'urgence. 

Les responsables des associations concernées redoutent que cette circulaire fasse de leurs centres de véritables centres de tri administratif où les sans-papiers seraient recensés en vue d'une expulsion.  

Des brigades mobiles chargées de recenser les SDF

Invités le 9 décembre dernier au ministère de l'Intérieur pour découvrir cette circulaire, les ONG concernées ont préférées claquer la porte quand elles ont découvert son contenu. Le texte prévoit des brigades mobiles chargées de venir au sein même des centres d'accueil d'urgence pour recenser les SDF.

Inacceptable pour Florent Gueguen, directeur général de la fédération des acteurs de la solidarité : "nous sommes extrêmement inquiets de la violence de cette décision. Les centres d'hébergement sont des centres d'hospitalité mais aussi des lieux de protection où l'on considère que les personnes ne peuvent pas être menacées, ni contrôlées". 

Les déboutés du droit d'asile et les "dublinés" cibles de ces contrôles

Sont concernés par ces contrôles, les déboutés du droit d'asile et les "dublinés", des réfugiés enregistrés dans un autre pays européen et ayant donc vocation à y retourner. L'idée in fine est bien de les expulser pour faire de la place dans les centres d'hébergement, selon les associations.

"C'est vraiment une logique de lutte des places et de concurrence entre les misères qui est inacceptable pour les associations" s'indigne directeur général de la fédération des acteurs de la solidarité. "Pour nous, une personne sans abris est une personne sans abris. Si elle a besoin d'un hébergement, on l'héberge et on la protège"

Les associations saisissent donc aujourd'hui le Défenseur des droits. Elles vont également lancer une campagne d'envergure pour soutenir l'accueil inconditionnel de tous les sans-abris et alerter l'opinion publique.  

Eclairage de Benjamin Mathieu sur la directive du ministère de l'Intérieur
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