Infographies Saint-Valentin : d'où viennent les roses vendues en France ?

Environ 85% des fleurs vendues en France sont cultivées à l'étranger, selon une estimation de l'interprofession de l'horticulture, de la fleuristerie et du paysage.

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Une fleuriste tient un bouquet de roses rouges, le 11 février 2021, à Nantes. (MAXPPP)

C'est la fête des amoureux… et des fleuristes. En France, 1,2 million de foyers ont acheté des fleurs ou des plantes à l'occasion de la Saint-Valentin en 2018, selon une étude Kantar (PDF) pour FranceAgriMer et l'interprofession Val'hor. En ce dimanche 14 février, la rose sera sans surprise la star des bouquets : cette espèce représentait 63% des ventes lors de la Saint-Valentin 2019, devant l'orchidée (12%) et le lys (9%). 

Mais savez-vous d'où proviennent vos roses ? Oubliez le romantisme d'une cueillette à la fraîche de bon matin : dans l'écrasante majorité des cas, elles ont un parfum d'ailleurs (voire une désagréable odeur de trop loin).

Des importations massives

Environ 85% des fleurs vendues en France sont cultivées à l'étranger, selon une estimation réalisée par Val'hor (PDF), l'interprofession de l'horticulture, de la fleuristerie et du paysage. En 2019, les importations françaises ont atteint 291 millions d'euros et provenaient à 87% des Pays-Bas en valeur, rapporte l'office FranceAgriMer (PDF), rattaché au ministère de l'Agriculture. Les roses représentaient 43,5% de l'ensemble des fleurs importées, soit plus de 466 millions de tiges (l'équivalent de sept roses importées par Français en 2019).

Ces chiffres issus des douanes doivent être interprétés avec prudence : ils renseignent sur le pays qui a livré les fleurs et non sur celui qui les a produites. Ainsi, même si les Pays-Bas sont les champions européens de la production de fleurs et de plantes ornementales, ils sont loin de cultiver tout ce qu'ils vendent. En 2008, la production nationale néerlandaise de roses ne représentait qu'un tiers des ventes du pays, selon FranceAgriMer. Explication : la majorité des fleurs distribuées par les Pays-Bas, difficilement traçable, "est elle-même importée d'Afrique et d'Amérique du Sud", précise Le Monde (article abonnés).

Une production française sur le déclin

D'où viennent les quelques exceptions françaises ? Dans la dernière synthèse (PDF) sur le sujet, datée d'octobre 2009, FranceAgriMer rapporte que près de la moitié des roses cultivées dans l'Hexagone sont produites en Provence-Alpes-Côte d'Azur. "La culture hors sol est la pratique la plus répandue, selon l'office. Elle permet une production quasiment toute l'année."

En 2007, 190 millions de roses ont été produites en France, en recul de 19% par rapport à 2001. C'est toute la filière des fleurs françaises qui souffre : il reste aujourd'hui moins de 400 producteurs sur tout le territoire, contre 8 000 en 1985, comme le rapporte la géographe Léa Benoit sur The Conversation.

"Une trop faible compétitivité par rapport aux producteurs étrangers et une pression foncière importante liée à l'étalement urbain semblent avoir eu raison d'une (très) grande partie des producteurs français."

Léa Benoit, doctorante en géographie à l'université Bordeaux-Montaigne

sur The Conversation

Des initiatives se développent malgré tout pour soutenir les fleurs made in France et réduire l'empreinte carbone de nos bouquets (même si certaines fleurs françaises se retrouvent parfois à transiter par Amsterdam avant de revenir au pays). Un label Fleurs de France a été créé en 2015 pour promouvoir les végétaux produits sur le territoire. La certification Plante Bleue garantit, elle, une démarche de production nationale soucieuse de l'environnement. Des associations œuvrent aussi à rapprocher les clients des fleurs locales, comme le Collectif de la fleur française.

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