Séparatisme islamiste : "Le président de la République a tenu un discours apaisé"

Driss Ettazaoui, vice-président de l'association des maires de France ville et banlieue, a salué le discours du chef de l'État sur la lutte contre le séparatisme religieux.

Le président français Emmanuel Macron à Mulhouse (Haut-Rhin), le 18 février 2020.
Le président français Emmanuel Macron à Mulhouse (Haut-Rhin), le 18 février 2020. (SEBASTIEN BOZON / AFP)

"Le président de la République a tenu un discours apaisé", a estimé mardi 18 février sur franceinfo Driss Ettazaoui, adjoint au maire d'Evreux et vice-président de l'Association des maires de France ville et banlieue, après le discours d'Emmanuel Macron sur la lutte contre le séparatisme religieux à Mulhouse. Driss Ettazaoui a notamment été à l'origine d'une tribune publiée dans le Journal du Dimanche pour dénoncer la "stigmatisation des musulmans".

Le président "a rappelé ce qu'était la laïcité. La laïcité telle que lui l'entend, telle que la loi de 1905 l'écrit, et dans l'esprit et dans le texte, me convient parfaitement, car on est loin des idéologies, du laïcisme et de ceux qui érigent la laïcité en religion." Driss Ettazaoui a apprécié le rappel de "ce qu'est la laïcité, c'est-à-dire de croire ou de ne pas croire, de respecter les libertés individuelles et collectives de chacun, dès lors qu'elles ne nuisent pas à autrui".

C'était bien de rappeler les causes des dérives que certains de nos concitoyens peuvent connaître, du fait d'avoir le sentiment d'être exclus de la communauté nationale.Driss Ettazaouià franceinfo

Driss Ettazaoui a également salué l'évocation de l'accès aux droits des personnes de confession musulmane : "Il a compris que dès lors qu'il y avait des discriminations et qu'on empêchait un certain nombre de concitoyens d'accéder à un logement ou à un emploi en raison de leur nom, de leur appartenance religieuse ou de leur origine culturelle, cela venait nourrir la radicalité et enrichir le communautarisme."

"Séparatisme" et "communautarisme"

"Sur la question du communautarisme, on assiste à un glissement sémantique : le président ne parle plus de communautarisme mais de séparatisme, puisque le communautarisme était un concept assez ambigu. Le président l'a bien dit, il y a un certain nombre de communautés dans le pays, même si la nation est une et indivisible. Nous avons des gens qui se réunissent, qui se retrouvent par affinités, parce qu'ils pratiquent la même langue, parce qu'ils ont les mêmes pratiques culturelles", a également souligné Driss Ettazaoui.

"Sur la question des devoirs, le président a raison de rappeler que nos concitoyens de confession musulmane ont des devoirs, et qu'il y a des comportements inadmissibles, qui dévoient même la religion qu'ils sont censés porter, habiller", a conclu l'adjoint au maire d'Evreux, pointant du doigt ceux qui "nuisent à la communauté musulmane de ce pays, six millions de nos concitoyens".