Affaire Preynat : l'ex-prêtre, condamné pour agressions pédophiles, renonce à faire appel

Bernard Preynat avait été condamné en mars à cinq ans d'emprisonnement ferme pour des agressions sexuelles commises entre 1971 et 1991 dans le diocèse de Lyon.

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L'ancien prêtre Bernard Preynat sort du tribunal à la fin de son procès à Lyon (Rhône), le 17 janvier 2020. (PHILIPPE DESMAZES / AFP)

Il ne fera pas appel. L'ancien prêtre Bernard Preynat, condamné en mars à cinq ans d'emprisonnement ferme pour d'innombrables agressions sexuelles commises entre 1971 et 1991 dans le diocèse de Lyon (Rhône), a finalement renoncé à faire appel, a annoncé mardi 24 novembre à l'AFP l'avocat des parties civiles au procès. "C'est fini", a assuré Yves Sauvayre, précisant que ce désistement "entraîn[ait] de fait la caducité des appels incidents du ministère public et de la partie civile".

Cinq ans après les premières plaintes déposées par d'anciens scouts abusés à l'époque par l'aumônier de Sainte-Foy-lès-Lyon (Rhône), cette annonce vient clore un long combat judiciaire qui a mis sur la sellette l'Eglise de France et son plus haut dignitaire, le cardinal Philippe Barbarin, pointés du doigt pour leur silence. Bernard Preynat, 75 ans, avait dans un premier temps fait appel le 17 mars, au lendemain de sa condamnation, mais son avocat Frédéric Doyez a confirmé mardi à l'AFP qu'il renonçait à cet appel, sans fournir de détails sur ses motivations. "Le jugement n'étant plus suspendu à la procédure d'appel, sa peine doit être mise en exécution. Il sera bientôt convoqué au commissariat pour une notification de mise sous écrou", a ajouté le conseil.

Soulagement des victimes

A l'audience en janvier, la procureure Dominique Sauves avait accusé l'ancien aumônier d'avoir "brisé" les vies des jeunes scouts et de s'être "servi du silence des parents et du silence de l'Eglise" pour multiplier ses abus. Un des avocats des parties civiles avait estimé le nombre d'agressions entre 3 000 et 4 000. Contacté par l'AFP, le cofondateur de l'association de victimes La Parole libérée, François Devaux, à l'origine des procès Preynat et Barbarin, a fait part de son "gros soulagement" face à l'annonce de la fin du chapitre judiciaire de ces affaires.

"J'ignore les motivations de ce revirement, mais je suis ravi que ça se termine, même si j'ai du mal à me réjouir d'imaginer cet homme là en prison."

François Devaux, cofondateur de l'association de victimes La Parole libérée

à l'AFP

Maintenu en fonction par le diocèse de Lyon jusqu'à l'automne 2015, alors que ses agissements étaient connus depuis longtemps, Bernard Preynat avait demandé pardon aux neuf victimes venues témoigner de leurs souffrances.

L'ancien aumônier a été défroqué durant l'été 2019 à l'issue de son procès canonique, une décision très tardive aux yeux des victimes qui illustre, selon elles, le malaise de l'Eglise face à cette affaire retentissante qui a scellé le sort du Primat des gaules Philippe Barbarin. Condamné l'an dernier pour ses silences sur les actes de Preynat à l'issue de son procès, l'ancien archevêque de Lyon a depuis été relaxé en appel mais il a préféré démissionner du diocèse pour devenir aumônier en Bretagne.

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