Affaire Barbarin en appel : "La Conférence des évêques de France n’attend qu’une chose : son départ", assure le rédacteur d'une revue catholique

Le procès en appel du cardinal pour non-dénonciation d'agressions sexuelles débute jeudi 28 novembre.

Le cardinal Philippe Barbarin lors de son procès le 7 janvier 2019.
Le cardinal Philippe Barbarin lors de son procès le 7 janvier 2019. (JEFF PACHOUD / AFP)

Le procès en appel du cardinal Barbarin pour non-dénonciation d'agressions sexuelles sur de jeunes scouts par un ancien prêtre de son diocèse de Lyon, Bernard Preynat, s'ouvre jeudi 28 novembre. En première instance, il a été condamné à six mois de prison avec sursis avant de remettre sa démission au pape, qui l'a refusé en attendant l'appel. "La conférence des évêques de France n’attend qu’une chose : son départ, pour pouvoir tourner la page", a affirmé jeudi 28 novembre sur franceinfo Gino Hoel, rédacteur de la revue catholique progressiste Golias.

franceinfo : Les arguments du cardinal Barbarin et de ses avocats sont audibles ?

Gino Hoel : Non, et pour moi on est un peu dans le mensonge. On sait que le cardinal Barbarin est au courant, et depuis très longtemps. Et pas seulement de l'affaire Preynat [prêtre défroqué en juillet à l'issue de son procès canonique pour agressions sexuelles, qui doit être jugé en janvier]. Depuis 2001, il y a des directives prises par la conférence des évêques de France et visiblement on est passé outre. Le cardinal a aussi obéi aux ordres romains, puisque quand il a demandé l'avis de Rome, on lui a répondu de ne pas faire de scandales et de régler les histoires.

S'il est à nouveau condamné, le pape doit accepter la démission de Philippe Barbarin ?

Ne serait-ce que pour Philippe Barbarin, le pape aurait dû l'extraire du diocèse de Lyon. Le diocèse est cassé. Vous avez un presbyterium qui ne soutient plus son archevêque, des laïcs mi-figue mi-raisin qui se demandent à quelle sauce ils vont être mangés. On a fait appel à un administrateur, parce qu’un retrait d'évêque, ça n'existe pas dans le code du droit canonique. Le pape va être obligé, quoi qu'il arrive, de prendre une décision, que l'arrêt de la cour d'appel confirme ou infirme la première décision de justice.

Le message de la conférence des évêques de France n'est pas crédible ?

Je pense que la Conférence des évêques de France n’attend qu’une chose, son départ, pour pouvoir tourner la page. Parce que tant que l'archevêque de Lyon est toujours en place, leurs décisions [sur les affaires de pédophilie au sein de l’Eglise] ne seront plus crédibles. Barbarin est le symbole d'un système qu'il faut repenser, et pas qu'en France. Au niveau de l'Eglise universelle puisque, tant que le cardinal Barbarin se tourne vers Rome, Rome lui répond de ne pas faire de scandales. Cette façon de procéder ne peut plus fonctionner.