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Le pèlerinage à La Mecque "est devenu un enjeu économique" pour l'Arabie saoudite

Deux millions de pèlerins musulmans sont attendus à partir de dimanche à La Mecque, en Arabie saoudite. Le spécialiste David Rigoulet-Roze décrypte le défi sécuritaire et financier que ce pèlerinage représente.

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Radio France
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Le pèlerinage de La Mecque, en Arabie saoudite, commence dimanche 19 août. (AHMAD AL-RUBAYE / AFP)

Le hajj, le pèlerinage à La Mecque, en Arabie saoudite, commence dimanche 19 août pour deux millions de musulmans. Plus de 20 000 Français y participent. "Le pèlerinage est devenu un enjeu économique" pour le pays, explique sur franceinfo David Rigoulet-Roze, rédacteur en chef d’Orients stratégiques et chercheur à l’Institut Français d’Analyse Stratégique.

franceinfo : Le hajj est-il un moment de tension pour l'Arabie saoudite ?

David Rigoulet-Roze : Oui, parce que ce n'est pas seulement un enjeu religieux, c'est aussi un enjeu sécuritaire. Il y a une logistique, il faut prendre en charge des pèlerins qui viennent pour la plupart de l'étranger (70%) et au niveau sécuritaire, on sait que le royaume d'Arabie saoudite est confronté à une menace terroriste récurrente. Le défi que représente la gestion du hajj est considérable pour les autorités saoudiennes.

En 2015, une bousculade avait fait 2 300 morts. Comment le pays a-t-il amélioré les conditions de sécurité ?

On évoque un "smart" hajj qui collerait assez bien avec la dynamique prônée par le prince héritier, avec un certain nombre de développements technologiques, des applications destinées aux pèlerins, des bracelets électroniques pour suivre les pèlerins susceptibles d'avoir un suivi médical et permettant une traçabilité des différentes origines des pèlerins. Il y a l'idée de maximiser par la technologie le bon déroulement des divers rites inhérents au pèlerinage.

Faut-il forcément utiliser les nouvelles technologies ?

Le pèlerinage est devenu un enjeu économique. C'est officiellement la deuxième source de revenus du royaume, derrière le pétrole. Le prince Mohamed Ben Salman a bien l'intention de pérenniser ces ressources financières. Dans son plan de vision 2030, il envisage de faire venir environ 15 millions de pèlerins [pour le hajj et la omra confondus] en 2020, voire 30 millions en 2030, avec l'idée de faire des rentrées financières de plus en plus importantes.

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