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Pour Cazeneuve, "la France a plus que jamais besoin d’une relation apaisée avec les musulmans"

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a accordé un entretien au quotidien "La Croix", publié dimanche.

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France Télévisions
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Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, à Paris, le 23 août 2016. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Alors que l'été a été marqué par la polémique sur le burkini, et que la rentrée politique a déjà eu lieu, Bernard Cazeneuve a accordé une interview au quotidien La Croix. Burkini, "fondation pour l'islam de France", formation des imams, le ministre de l'Intérieur a balayé de nombreux sujets.

Une loi anti-burkini serait "inconstitutionnelle, inefficace"

Appelé à réagir après la décision du Conseil d'Etat sur la suspension d'un arrêté municipal anti-burkini, Bernard Cazeneuve estime qu'il serait vain et contreproductif de créer une loi contre cette tenue de bain : "Le gouvernement, comme l’a dit le Premier ministre, refuse de légiférer sur ce sujet car une loi serait inconstitutionnelle, inefficace, et de nature à susciter des antagonismes et d’irréparables tensions."

Toutefois, le ministre souligne que "les musulmans doivent continuer à s’engager avec nous pour l’égalité hommes-femmes, l’intangibilité des principes républicains, la tolérance qui fait le vivre-ensemble".

Plus globalement, Bernard Cazeneuve lance un appel au calme : "La France a plus que jamais besoin d’une relation apaisée avec les musulmans." Il ajoute : "Cela suppose que la République soit déterminée à prendre dans ses bras tous ses enfants. Cela suppose aussi que tous les musulmans, avec l’ensemble des Français, s’engagent dans une défense totale de la République face au terrorisme, face au salafisme, car la République est bien leur première appartenance."

Mais cet appel à l'apaisement ne l'empêche pas d'attaquer l'opposition : "La France a besoin d'apaisement et de rassemblement, pas de ces emportements dictés par les surenchères liées aux primaires, qui portent en elles la division des Français en les dressant les uns contre les autres", ajoutant que "certains dirigeants de l'opposition font beaucoup de bruit."

La "Fondation pour l'islam de France", "le pont entre la République et les musulmans de France"

Jean-Pierre Chevènement a fait savoir qu'il acceptait de prendre la présidence de la Fondation pour l'islam de France. Une nomination qui a été critiquée mais reste défendue par Bernard Cazeneuve : "Je rappelle que la fondation traite de la relation entre la République et les musulmans : qu’un grand républicain en prenne la tête au moment de sa création, avec en son sein de nombreux musulmans, revêt une vraie dimension symbolique."

Le ministre de l'Intérieur rappelle alors que la fondation "ne pourra pas financer le culte, c’est-à-dire la construction de mosquées ou la formation théologique des imams". Mais que l'instance "aura vocation à soutenir des projets, dans les domaines de l’éducation, de la culture, de l’engagement des jeunes, elle pourra prendre en charge la formation profane des imams, le développement de la recherche en islamologie".

"Des imams dotés d’un haut niveau de qualification"

Le gouvernement propose "la création de nouveaux départements d’islamologie au sein des universités, avec un très haut niveau d’exigence scientifique dans les matières profanes, qu’il s’agisse de l’histoire des religions ou de l’étude des courants d’idées s’y rattachant", précise le ministre.

L'objectif, selon lui, est de "mettre fin progressivement au système des imams 'détachés' par des pays étrangers" pour "faire émerger" "un islam de France ancré dans les valeurs de la République".

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