Haute-Corse : pour le maire, "Sisco ne doit pas devenir le village de la résistance contre le burkini"

La justice a validé lundi l'arrêté anti-burkini pris par la commune de Sisco l'été dernier. Le maire réfléchit à l'idée de reconduire cette décision pour l'été 2017.

(PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP)

Le maire de Sisco (Haute-Corse) réunira son conseil municipal jeudi 6 juillet, afin de savoir s'il y a lieu de poursuivre la mesure anti-burkini prise dans sa commune l'été dernier. Cet arrêté, contesté devant les tribunaux par la Ligue des Droits de l'Homme (LDH), a été validé lundi par la cour administrative d'appel de Marseille.

"J'ai peur de la provocation"

"Je suis soulagé, explique Ange-Pierre Vivoni, maire de Sisco, sur France Bleu RCFM, mais c'est avec une certaine crainte pour cet été que j'accueille ce jugement, car je ne veux pas que la commune de Sisco devienne une place forte ou le village de la résistance contre le burkini. Beaucoup de choses peuvent se passer et j'ai peur de la provocation. Jeudi soir, je vais réunir mon conseil municipal pour décider à huis clos et à bulletin secret si, cette année, je reprendrai l'arrêté".

L'année dernière, un arrêté du maire signé le 16 août 2016 interdisait sur les plages de la commune le port de tenues vestimentaires manifestant de manière ostentatoire une appartenance religieuse. La LDH jugeait que l'arrêté portait "une atteinte grave à la liberté de manifester ses convictions religieuses, la liberté de se vêtir dans l’espace public et à celle d’aller et venir".

Dans son arrêt du 3 juillet 2017, la cour administrative d'appel de Marseille a estimé que la décision du maire était adaptée aux risques avérés de troubles à l’ordre public suite à la rixe. Le 13 août 2016, une violente altercation était survenue entre plusieurs familles d’origine maghrébine, dont les femmes portaient une burka ou hijab, et des habitants de la commune.