L'action d'Orpea dévisse en Bourse après des révélations de Mediapart

Selon Mediapart et le collectif de journalistes Investigate Europe, le groupe privé de maisons de retraite est menacé d'un "scandale financier" à cause d'une société luxembourgeoise qui investissait dans ses résidences et qui aurait procédé à des "opérations douteuses".

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Le logo du groupe de maisons de retraite, à Paris, le 28 mars 2020. (MYRIAM TIRLER / HANS LUCAS / AFP)

Rebelote. Le titre Orpea a clôturé à -19,17% mercredi 18 mai à la Bourse de Paris, plombé par des révélations de Mediapart (article payant) selon lesquelles le groupe privé de maisons de retraite est menacé d'un "scandale financier"

Selon Mediapart et le collectif de journalistes Investigate Europe, la holding luxembourgeoise Lipany, créée en 2007, a "accumulé 92 millions d'euros d'actifs", "principalement des parts dans de nombreux Ehpad et cliniques gérés par Orpea" dans plusieurs pays d'Europe, dont la France, et "mené des opérations financières douteuses".

Lipany appartient à Roberto Tribuno, un comptable et conseiller fiscal qui a été le patron d'Orpea en Italie, rapporte Mediapart. Cette holding "ne fait presque aucun bénéfice et n'a jamais distribué de dividendes", ses activités sont "entièrement financées par la dette", de manière "pour le moins opaque", affirme le média d'investigation.

"Nous prendrons toutes les sanctions nécessaires"

Dans un bref communiqué, la direction d'Orpea a indiqué ne pas pouvoir faire de commentaire, "la justice étant saisie". L'entreprise rappelle qu'elle a récemment déposé plainte contre X pour "abus de biens sociaux", auprès du parquet de Nanterre (Hauts-de-Seine).

Soucieuse de "faire toute la lumière sur les accusations portées contre le groupe" depuis la parution du livre-enquête Les Fossoyeurs de Victor Castanet, la direction dit avoir "décelé des faits potentiellement délictueux, qui mettent en cause des comportements individuels".

Orpea souligne également avoir pris "de premières mesures disciplinaires, plusieurs personnes ayant déjà quitté l'entreprise". Le groupe évoque nommément le cas de l'ancien directeur financier Sébastien Mesnard, qui selon Mediapart était en "étroite coopération" avec Lipany. "Sébastien Mesnard ne travaille plus pour la société et n'a plus d'accès à sa messagerie", a affirmé la direction dans son communiqué. "Nous poursuivons nos investigations et nous prendrons toutes les mesures et sanctions qui s'avèreront nécessaires", a-t-elle ajouté, rappelant que "ces faits ne concernent en rien l'accueil et les soins des résidents".

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