Vidéo "Je réalise que j'ai été violée pendant les scènes" : deux femmes brisent le tabou des violences sexuelles dans le milieu du porno français

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"J'ai mal, je pleure, je saigne, mais personne ne s'arrête" ; "Je réalise que j'ai été violée pendant les scènes" : deux femmes brisent le tabou des violences sexuelles dans le milieu porno français
Complément d'enquête / France 2

C'est une affaire qui met en lumière des pratiques qui pourraient s'apparenter à de la traite d'êtres humains. Dans le dossier "French Bukkake", une trentaine de femmes se déclarent victimes de viol. Pour "Complément d'enquête", deux d'entre elles sortent du silence. Pour la première fois, elles racontent à des journalistes un climat de violences et d’humiliations. 

"Viols", "proxénétisme", "traite d'êtres humains". Ce sont les motifs qui ont conduit à douze mises en examen dans l'affaire "French Bukkake" – du nom d'une plateforme de vidéos pornographiques gérée par un certain "Pascal OP". Mis en examen et placé en détention provisoire, le producteur nie les faits, mais dans ce dossier tentaculaire, 33 femmes ont porté plainte. Pour la première fois, deux d'entre elles ont accepté de raconter leur calvaire durant les scènes, la seule fois où elles ont accepté de tourner dans un film pornographique.

Hélène et Marine (les prénoms ont été modifiés) ne se connaissent pas, mais racontent pratiquement la même histoire. Et leurs profils sont proches : elles étaient très jeunes et leur situation économique très précaire quand elles ont accepté de tourner pour Pascal OP. Hélène, étudiante, n'avait plus de quoi payer son loyer. Mère célibataire, Marine vivait à découvert et n'arrivait plus à nourrir son fils. A l'époque, Pascal OP leur avait promis 1 500 euros pour quelques heures de tournage.

"A toutes les scènes, je passe mon temps à dire non"

Il leur avait assuré que ces images ne seraient pas diffusées en France, mais au Canada, sur un site confidentiel. Mais selon elles, rien ne s’est passé comme prévu... Doubles pénétrations forcées, humiliations, violences, chantage pour faire ensuite disparaître les vidéos d'internet… Leurs témoignages dessinent un tableau sordide et jettent une lumière crue sur le milieu du porno.

"A toutes les scènes, affirme Hélène, je passe mon temps à les pousser, à dire non. Je suis sur lui, et il me maintient, et de là, j'ai une double pénétration forcée, alors que j'avais dit non. Donc j'ai mal, je pleure, je saigne, mais personne ne s'arrête." Marine raconte une ambiance de terreur où elle se fait "gueuler dessus" parce qu'elle ne prend pas de plaisir. La jeune femme "réalise aujourd'hui [qu'elle a] été violée pendant ces scènes". 

Extrait de "Porno : une industrie hors de contrôle ?", un document à voir dans "Complément d'enquête" le 29 septembre 2022.

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