VIDEO. PMA pour toutes les femmes : c'est quoi, la procréation médicalement assistée ?

Alors que débutent les débats sur le projet de loi de bioéthique à l'Assemblée nationale, franceinfo fait le point sur les techniques d'assistance médicale à la procréation. 

La première grande réforme sociétale du quinquennat fait son entrée au Palais Bourbon. Mardi 24 septembre, les 577 députés entament l'examen du projet de loi relatif à la bioéthique, dont le premier article propose l'ouverture de l'assistance médicale à la procréation (AMP) à toutes les femmes – des couples de femmes aux femmes seules. 

L'AMP, ou PMA, promet ainsi d'être au centre des débats. Mais en quoi consiste exactement cette assistance, qui fait naître chaque année quelque 25 000 enfants en France ? Quelles en sont les principales techniques dans l'Hexagone ? Eléments de réponse avec la docteure Joëlle Belaisch-Allart, cheffe de service de gynécologie obstétrique et médecine de la reproduction au centre hospitalier des Quatre Villes, à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine). 

Insémination intra-utérine et fécondation in vitro

La technique de PMA "la plus simple et la moins coûteuse" est l'insémination intra-utérine, explique la spécialiste. Elle est conseillée aux couples souffrant d'une infertilité "relative" ou "sans cause évidente". L'ovulation est stimulée grâce à la prise de médicaments, puis déclenchée. L'insémination est réalisée 36 heures plus tard, précise Joëlle Belaisch-Allart. "Le conjoint doit venir donner son sperme. On le lave, on le centrifuge, on extrait les meilleurs spermatozoïdes et, grâce à un très fin cathéter, on va déposer les spermatozoïdes au fond de l’utérus", détaille la docteure. C'est alors que peut avoir lieu la rencontre entre ovocyte et spermatozoïde, et la formation d'un embryon. 

D'après Joëlle Belaisch-Allart, "une insémination donne en moyenne 10% d'accouchements". Une deuxième technique, plus invasive mais plus efficace – environ 20% de réussite –, est celle de la fécondation in vitro (FIV). 

"Il faut d'abord ponctionner les ovocytes, sous anesthésie générale ou locale", développe la médecin. "Le même jour, Monsieur va donner son sperme. Il va y avoir la rencontre, au laboratoire, en éprouvette, entre ovocyte et spermatozoïdes, et puis, deux, trois ou cinq jours après, on va transférer les embryons obtenus" dans l’utérus. Une fécondation in vitro spécifique, la micro-injection, est également possible. Dans ce cas, "la technicienne ou le biologiste décide quel spermatozoïde on va injecter dans le cœur de l’ovocyte". Les embryons formés sont ensuite cultivés "jusqu'au cinquième jour", avant transfert dans l'utérus.

Un cas plus rare, l'accueil d'embryons

Dans "l'immense majorité" des cas, ces assistances médicales à la procréation sont réalisées avec les ovocytes et spermatozoïdes du couple concerné. Il est néanmoins possible d'avoir recours à un don de sperme ou d'ovocytes. 

"Enfin, la dernière variante, mais qui est très rare en France, c’est ce qu’on appelle 'l’accueil d’embryons', poursuit Joëlle Belaisch-Allart. Il y a des couples, extrêmement généreux, qui ont avec eux deux ou trois enfants, et auxquels il reste des embryons congelés. Ils ont l’extrême noblesse de les donner à un autre couple infertile." Le recours à des embryons congelés s'avère aussi efficace qu'une FIV, d'après la spécialiste : 19% de ces tentatives aboutissent, neuf mois plus tard, à des naissances. 

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. (JESSICA KOMGUEN / FRANCEINFO)