VIDEO. Des journalistes de "Quotidien" agressés par des militants d'extrême droite pendant la manifestation anti-PMA

Les journalistes ont vu leur matériel détruit par Yvan Benedetti et Hervé Ryssen, deux antisémites revendiqués et déjà condamnés par la justice.

Les militants d\'extrême droite Yvan Benedetti et Hervé Ryssen filmés par les équipes de \"Quotidien\", dimanche 6 octobre 2019 lors du défilé anti-PMA organisé à Paris.
Les militants d'extrême droite Yvan Benedetti et Hervé Ryssen filmés par les équipes de "Quotidien", dimanche 6 octobre 2019 lors du défilé anti-PMA organisé à Paris. (QUOTIDIEN / TMC)

De l'intimidation, puis de la violence, le tout sous le regard indifférent de l'assistance. Les équipes de l'émission "Quotidien" ont été agressées par des militants d'extrême droite, dimanche 6 octobre, lors du défilé organisé contre l'extension de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes, votée par l'Assemblée nationale fin septembre dans le cadre du projet de loi bioéthique.

Sur les images diffusées lundi lors de l'émission, on aperçoit deux hommes vêtus de gilets jaunes s'en prendre à l'équipe de l'émission de TMC. L'un tente d'intimider une journaliste pour l'empêcher d'interroger des manifestants, tandis qu'un autre pose sa main sur la caméra d'un reporter pour la secouer et le dissuader de filmer la scène. Le premier saisit ensuite la perche du preneur de son, avant de la briser sous les rires d'une partie de l'assistance. La scène devient ensuite confuse, alors que des insultes homophobes fusent.

Deux figures de l'extrême droite antisémite

Les deux principaux protagonistes de la vidéo ne sont pas des inconnus. Le premier, qui cherche à intimider la journaliste, s'appelle Yvan Benedetti. Figure de l'extrême droite française, il a été condamné en appel en juin à 8 mois de prison avec sursis pour avoir reconstitué ou maintenu L'Œuvre française, une organisation d'inspiration pétainiste fondée en 1968 et dissoute après la mort du jeune militant antifasciste Clément Méric. Agé de 53 ans, il avait été exclu du Front national en 2011 pour s'être qualifié lui-même "d'antisioniste, antisémite et antijuif". Yvan Benedetti avait déjà fait parler de lui lors de la mobilisation des "gilets jaunes" en se battant avec d'autres manifestants le 1er décembre dernier, date à laquelle il avait déjà agressé verbalement les équipes de "Quotidien".

Le second individu, qui secoue la caméra, est Hervé Lalin, dit Hervé Ryssen. Ancien du FN et du Groupe union défense (GUD), il a déjà été condamné à de nombreuses reprises, notamment pour provocation à la discrimination, injure ou diffamation antisémites. Sa dernière condamnation pour négationnisme remonte au mois de janvier : il avait publié sur son compte Twitter un montage juxtaposant l'affiche du film La vérité si je mens 3, qui présente des personnages souriants ou hilares, et une photo du tristement célèbre portail d'entrée du camp d'extermination nazi d'Auschwitz. Cet antisémite revendiqué s'était également signalé en apparaissant par erreur en une de Paris Match, photographié près de l'Arc de triomphe lors d'un samedi de mobilisation des "gilets jaunes".