Loi de bioéthique : le professeur Frydman favorable à une PMA payante pour tous, qui contribue à la recherche

Cette participation "peut être modique, mais elle est symboliquement importante", affirme le gynécologue-obstétricien et père du premier bébé éprouvette.

Le professeur René Frydman, en 2011, devant l\'hôpital Antoine Béclère, à Clamart (Hauts-de-Seine).
Le professeur René Frydman, en 2011, devant l'hôpital Antoine Béclère, à Clamart (Hauts-de-Seine). (ERIC FEFERBERG / AFP)

"Je serais pour une participation financière de tout le monde, hétérosexuels et homosexuels", qui veulent avoir accès à la PMA (procréation médicalement assistée), a expliqué lundi 27 juillet sur franceinfo le professeur René Frydman, gynécologue-obstétricien et père du premier bébé-éprouvette. Cette participation "à hauteur des revenus" permettrait de "favoriser la recherche", explique-t-il.

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"Tout ne doit pas être donné", a justifié René Frydman, professeur émérite à l'hôpital Foch de Suresnes, en faveur de la PMA à toutes les femmes, mesure qui fait partie du projet de loi de bioéthique qui arrive en deuxième lecture à l'Assemblée nationale. Cette participation "peut être modique, mais elle est symboliquement importante", selon le médecin. Il souhaite qu'elle alimente un "fonds de recherche qui serait redistribué et qui permettrait qu'on aille de l'avant". Le professeur appelle à ne pas reproduire "ce qu'on a fait avec le Covid-19, des convictions contre des convictions sans démonstration de quel médicament pouvait être efficace".

Il faut une stimulation de la recherche, pour que cet enfant tant désiré vienne beaucoup plus fréquemment que ce n'est le cas aujourd'hui.René Frydmanà franceinfo

Le gynécologue-obstétricien est également en faveur de l'analyse des embryons avant de les réimplanter. "Si l'analyse embryonnaire apporte des éléments aux couples qui en font le recours, qu'on laisse la liberté aux gens de faire ou ne pas faire, on n'impose à personne", argumente René Frydman.

Il se dit aussi en faveur de la PMA post-mortem, soit après le décès du conjoint, mesure rejetée pour l'instant par le Sénat et l'Assemblée nationale. "C'est quand même le comble si une femme a perdu son mari, de devoir abandonner ses embryons pour se tourner vers un donneur", a déclaré le médecin, qui assure que "heureusement, cette situation est très peu fréquente".