Paroles de migrants à Calais : "C’est la route de la vie pour moi"

Le gouvernement mobilise des policiers supplémentaires pour enrayer ce qu'Eurotunnel présente comme des "invasions systématiques". France Info est allée à la rencontre de ces migrants, qui tentent de passer en Grande-Bretagne, au péril de leur vie.

(Migrants près du site Eurotunnel à Calais © REUTERS/Pascal Rossignol)

Le gouvernement a annoncé ce mercredi l'envoi de 120 policiers supplémentaires à Calais, notamment pour surveiller le site d'Eurotunnel. Chaque nuit, des migrants tentent de s'infiltrer sur le site, dans l'espoir de passer en Grande-Bretagne, au péril de leur vie. La nuit dernière un Soudanais a été retrouvé mort, le neuvième décès constaté aux environs du site depuis le début du mois de juin.

"On se bat juste pour avoir une meilleure vie" : notre reporter Mathilde Lemaire est allée à la rencontre des migrants, écoutez son reportage
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Notre reporter a notamment rencontré Esmath, 22 ans, qui a fui le sud du Soudan. Il est en France depuis cinq mois et a fait une dizaine de tentatives pour l'Angleterre : "Ma motivation c’est de rejoindre mes cousins à Londres. Je sais que depuis deux mois, neuf migrants sont morts, peut-être même plus, mais cette route, c’est la route de la vie pour moi. Quand tu viens d’Afrique, c’est ton but. Je peux mourir ce soir, oui, mais je ne vais pas abandonner".

"J’ai traversé le désert, la Méditerranée, pourquoi aurais-je peur ? Plus rien, pas même ce train ne me fait peur"

Amir lui est en France depuis six mois, il est originaire du Darfour : "J ’ai vu la mort en face dans mon pays, le danger de mort ne veut rien dire pour moi, je m’attends à mourir à tout moment, on se bat juste pour avoir une meilleure vie, passez le message, dites-le au gens : nous ne sommes pas des criminels. Moi toute ma famille a été tuée, je suis devenu un fugitif et mon rêve, c’est d’avoir une seconde chance. Là-bas. Fonder une famille. Se battre pour ces choses-là, ce n’est pas un crime vous comprenez !"