170 professeurs de droit écrivent une tribune contre l'adoption par les couples de même sexe

Ces juristes ont écrit aux sénateurs pour les enjoindre de rejeter le texte adopté à l'Assemblée, affirmant qu'il "implique une bouleversement profond du droit" et cautionne "un marché des enfants".

Un manifestant contre le projet de loi sur le mariage pour tous brandit un code civil, le 13 janvier 2013 à Paris.
Un manifestant contre le projet de loi sur le mariage pour tous brandit un code civil, le 13 janvier 2013 à Paris. (THOMAS SAMSON / AFP)

Ils sont tous juristes, mais ont surtout comme point commun d'être opposés à l'adoption par les couples de même sexe. 170 professeurs de droit exerçant dans des universités françaises ont adressé vendredi 15 mars une lettre ouverte contre le projet de loi aux sénateurs, qui doivent l'examiner à partir du 4 avril, après son adoption à l'Assemblée nationale.

Dans cette tribune, reproduite par le site spécialisé Cadureso, les juristes affirment que le projet de loi "implique un bouleversement profond du Droit, du mariage et, surtout, de la parenté" et enjoint le Sénat d'y "faire échec". D'après Cadureso, les sénateurs ont reçu, joints à leur missive, un livre intitulé Mariage des personnes de même sexe. La controverse juridique, écrit par Aude Mirkovic, elle-même co-auteure de la tribune.

Le projet de loi organiserait "un marché des enfants"

Le texte ne s'appuie toutefois pas directement sur des arguments juridiques. Il explique ainsi que l'adoption par des couples de même sexe diffère fondamentalement de l'adoption par des couples hétérosexuels en cela qu'elle ne reproduit pas, même symboliquement, le schéma biologique de la filiation. Ainsi, les enfants concernés seraient "en réalité deux fois privés de parents : une première fois par la vie, une seconde fois par la loi".

Les signataires soutiennent en outre que, le texte autorisant l'adoption par le conjoint de même sexe d'un enfant "le plus souvent issu d'une insémination ou d'une gestation pour autrui pratiquée à l'étranger ", il "organise donc un marché des enfants, car il le suppose et le cautionne".