Après leur rencontre avec Bernard Cazeneuve, deux policiers appellent leurs collègues à suspendre le mouvement

Cette rencontre intervient alors que le gouvernement s'emploie depuis une semaine à apaiser un mouvement de grogne des policiers.

Le ministre de l\'Intérieur Bernard Cazeneuve à la sortie du palais de l\'Elysée à Paris, le 19 octobre 2016.
Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve à la sortie du palais de l'Elysée à Paris, le 19 octobre 2016. (MAXPPP)

Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a rencontré, dimanche 23 octobre dans l'après-midi, deux policiers issus du mouvement de protestation des forces de l'ordre, en marge d'un déplacement au commissariat de Créteil (Val-de-Marne). Les deux fonctionnaires se sont rendus au commissariat de cette commune afin de rencontrer le ministre, qui les a reçus pendant une demi-heure.

Selon nos informations, ces deux policiers se font appeler Yann et Emilie et se présentent comme des porte-paroles non syndiqués. A l'issue de la rencontre, ils ont appelé leurs collègues à cesser le mouvement de contestation. "On voulait être écoutés, on l'a été. On a bien conscience que ça ne se fera pas en un jour", ont-ils expliqué à franceinfo. Et d'insister : "J'en appelle à tous les collègues, en France. Merci infiniment pour tout ce que vous faites. Restez mobilisés parce qu'on ne sait jamais. Mais pour ce soir et pour les jours à venir, sans signe de notre part, du calme", a lancé Emilie.

Plus d'effectifs et de moyens matériels

Cette rencontre intervient alors que le gouvernement s'emploie depuis une semaine à apaiser un mouvement de grogne des policiers, qui réclament notamment plus d'effectifs et de moyens matériels, et des peines sévères pour leurs agresseurs.

Le mouvement, qui se veut hors cadre syndical, a démarré le 17 octobre en région parisienne, avec une spectaculaire manifestation nocturne sur les Champs-Élysées, de policiers exaspérés par l'attaque au cocktail Molotov de quatre de leurs collègues, le 8 octobre à Viry-Châtillon (Essonne).

Les policiers ont promis de poursuivre leur bras de fer avec le gouvernement et leur hiérarchie, encouragés par une mobilisation que tentent de canaliser les syndicats, dont des représentants doivent être reçus par François Hollande en début de semaine.