Le gouvernement revalorise les salaires des policiers après une journée de protestation

Alliance, Unité-SGP Police-FO et l'Unsa ont rencontré Christophe Castaner mercredi soir, pour poursuivre les discussions entamées la veille.

Le secrétaire général du syndicat Unité-SGP Police-FO Yves Lefebvre à l\'Elysée, à Paris, le 26 octobre 2016.
Le secrétaire général du syndicat Unité-SGP Police-FO Yves Lefebvre à l'Elysée, à Paris, le 26 octobre 2016. (MAXPPP)

Les trois principaux syndicats de policiers ont annoncé, mercredi 19 décembre, avoir conclu un accord de revalorisation salariale avec le ministère de l'Intérieur. Alliance, Unité-SGP Police-FO et l'Unsa ont rencontré Christophe Castaner en fin d'après-midi, pour poursuivre les négociations entamées la veille. "Après d'âpres discussions, on a obtenu une avancée conséquente, a estimé Yves Lefebvre, secrétaire général d'Unité-SGP Police-FO, à l'issue de la réunion. Aujourd'hui nous avons obtenu ce que nous voulions, ce que nous étions venus chercher."

Le protocole d'accord prévoit une augmentation mensuelle moyenne de 120 euros pour les gardiens de la paix en début de carrière entre le 1er janvier 2019 et le 1er janvier 2020, et une augmentation de 120 à 150 euros pour les échelons plus élevés. Une partie de l'augmentation (40 euros) sera actée le 1er janvier prochain puis étalonnée à partir du 1er juillet, ont précisé dans un communiqué Christophe Castaner et son secrétaire d'Etat, Laurent Nuñez

Le ministre de l'Intérieur a aussi promis de payer les 275 millions d'euros que l'Etat doit aux policiers au titre des heures supplémentaires impayées "depuis des dizaines d'années". Les modalités de paiement seront déterminées selon un plan pluriannuel. Ces heures pourront être payées chaque année ou bien placées sur un compte épargne retraite ou un compte épargne temps (CET), lequel sera déplafonné, a précisé Yves Lefebvre.

"Une avancée conséquente"

Conséquence de cette revalorisation, la prime exceptionnelle de 300 euros, durement critiquée par des policiers qui y voyaient une proposition "méprisante", voit son périmètre drastiquement réduit : elle ne sera versée qu'aux personnels techniques, scientifiques et administratifs et aux employés de préfecture mobilisés par la crise des "gilets jaunes" depuis le 17 novembre, a ajouté Yves Lefebvre.

Pour le secrétaire général d'Alliance Police, Jean-Claude Delage, cet accord témoigne d'une "avancée conséquente pour les gradés et gardiens de la paix sur leur pouvoir d'achat". "La reconnaissance matérielle que nous avions exigée, ce soir elle y est", a-t-il ajouté.