Vidéo "Je suis très fier d'être fils d'homosexuelles" : des enfants nés de PMA ou de GPA racontent "le regard" des autres sur leurs familles

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La violence du jugement de autres
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France Télévisions

A l'occasion d'une soirée spéciale dédiée à la PMA et à la GPA, France 2 diffuse, mercredi, "PMA-GPA, les enfants ont la parole". Pour son documentaire, Laure Granjon a recueilli le témoignage d'enfants et de jeunes adultes nés de ces modes de conception.

Deux pères, un père et une mère, deux mères ou une seule... C'est au sein de ces familles qu'ont grandi Tom, Lou Ann, Sacha, Jade et Lucie, qui se livrent dans le documentaire "PMA-GPA, les enfants ont la parole", diffusé mercredi 9 février sur France 2. Âgés de 9 à 20 ans, tous ont été conçus par procréation médicalement assistée (PMA) ou gestation pour autrui (GPA). Des formes de procréation, qui suscitent de vifs débats et le rejet d'une partie de la population. Premières victimes, les enfants, qui se sentent parfois obligés de garder le secret sur leur conception.

"C'est comme un secret"

"A l'adolescence, j'aimais pas trop en parler parce que j'avais peur de la réaction des autres, confie Tom, 20 ans, né d'une PMA et qui a deux mères. J'ai eu affaire à des propos homophobes quand j'étais adolescent. On m'a insulté personnellement de 'pédé' et de 'sale fils d'homosexuelles'. Ce qui n'est pas une insulte à mes yeux. Je suis très fier d'être fils d'homosexuelles." Car le principal point de crispation, que révèle le documentaire de Laure Granjon, est souvent davantage l'orientation sexuelle des parents qu'au mode de conception. Lou Ann a 11 ans et deux mères.

"Beaucoup de personnes pensent que le problème c'est d'avoir des parents homos, mais en vrai le seul problème, c'est le regard qu'ils ont sur le fait que l'on ait des parents homos."

Lou Ann, 11 ans

dans le documentaire diffusé sur France 2

La peur d'être différent des autres et la crainte du rejet sont particulièrement prégnants au moment de l'adolescence et de la préadolescence. Jade a 13 ans. Ses parents sont un couple hétérosexuel qui a eu recours à la GPA. Elle s'inquiète de ce que pourraient en penser ses camarades. "C'est comme un secret. Je n'ai pas à dire à tout le monde que je suis née par mère porteuse, ça fait un peu bizarre. J'ai peur de comment ils vont réagir. Ils vont peut-être se moquer, ils ne vont pas rester avec moi. Ils vont dire 't'es trop différente que nous, t'es pas née de la même manière que nous'."

"Il vaut mieux le dire direct"

Sacha, 9 ans et deux mères, parvient à être à l'aise sur la question. "Les gens qui gardent secret qu'ils ont deux mamans à l'école, je les comprends parce qu'ils ont peut-être peur d'être jugés dans une bande d'amis (...), mais il vaut mieux le dire direct." Lucie, 9 ans, dont la mère a choisi de faire un enfant seule, parle très librement à ses copines d'école de sa famille monoparentale et s'en amuse, même si elle déplore le jugement des adultes. "Le regard des grands, c'est un peu bête de leur part quand même... Voilà. Les petits, je peux comprendre, mais les grands !"

En septembre 2019, alors que le projet de loi de bioéthique, dont la PMA ouverte à toutes les femmes est l'une des mesures-phares, est présenté en Conseil des ministres, les passions se déchaînent. Les opposants font entendre leurs voix à coup de violentes déclarations. "Ce que j'aimerais qu'ils comprennent, c'est qu'il y a déjà des êtres vivants qui sont nés de PMA qui les entendent, se désole Tom. Quand ils critiquent les enfants nés de PMA en les traitant d'attardés, de monstres… Bien sûr cela m'attriste, parce que ces remarques m'atteignent directement." La PMA a finalement été ouverte aux femmes célibataires et aux lesbiennes en 2021.

De cruels opposants à la PMA

Le documentaire "PMA-GPA, les enfants ont la parole", réalisé par Laure Granjon, est diffusé le 9 février à 23h50 sur France 2 et en replay sur france.tv.

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